Le 27 mai, les euro députés ont commencé à examiner les 208 amendements déposés sur le projet de rapport contenant des recommandations à la Commission européenne sur la protection des travailleurs contre l’amiante. Ce minerai, encore présent dans de nombreux bâtiments et infrastructures, est l’une des principales causes de cancer professionnel. Les travailleurs de la construction sont particulièrement touchés.

Le projet de rapport soumis au Parlement rappelle quelques données de bases. L’amiante provoque entre 30 000 et 90 000 décès par an au sein de l’Union. Le cancer professionnel le plus courant est le cancer du poumon, qui représente entre 54 % et 75 % des cancers liés au travail, et que l’amiante est la principale cause du cancer du poumon (45 %). En Europe, 80 % des cancers professionnels reconnus sont liés à l’amiante. Le cancer du sein figure parmi les principales causes de mortalité par cancer chez les femmes au sein de l’Union, avec le cancer du poumon, et que l’exposition professionnelle à l’amiante est rarement considérée comme une priorité dans la prévention du cancer du sein. Les maladies liées à l’amiante peuvent mettre jusqu’à 40 ans pour se manifester, et les cas au sein de l’Union devraient culminer avant 2025.

En dépit des réglementations existantes, les maladies liées à l’amiante ne sont généralement pas reconnues comme des maladies professionnelles et les victimes ne sont donc pas admissibles à une indemnisation liée au travail. La gestion de l’amiante dans les bâtiments et son retrait sécurisé requiert la pleine considération de l’aspect de la santé et de la sécurité au travail dans le cadre du plan de l’Union pour améliorer l’isolation thermique de son environnement bâti à des fins d’économies d’énergie et en vue de devenir le premier continent climatiquement neutre d’ici à 2050. La valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) contraignante existante pour l’amiante est de 0,1 fibre/cm3 mesurée par rapport à une moyenne pondérée dans le temps sur huit heures (TWA) et celle-ci devrait faire l’objet d’un réexamen afin de prendre en considération les dernières données scientifiques et techniques, et être révisée en conséquence.

Au-delà des coûts humains, les coûts financiers pour la société ne sont pas mineurs. Les estimations suggèrent que le coût des cancers professionnels dans l’Union représente entre 270 et 610 milliards d’euros par an, soit entre 1,8 % et 4,1 % du PIB. 98 % des coûts humains, comprenant les conséquences sur la qualité de vie des travailleurs et de leurs familles, sont supportés par les travailleurs. Les coûts directs et indirects représentent entre 4 et 10 milliards d’euros par an.

La proposition de résolution du Parlement européen vise le développement d’une Stratégie européenne pour l’élimination totale de l’amiante (SEETA). Cela doit se faire en cohérence notamment avec le Plan européen de lutte contre le cancer et le nouveau cadre stratégique de l’UE pour la santé et la sécurité au travail. En outre, la proposition des députés européens stipule : la mise à jour de la directive 2009/148/CE concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à l’amiante pendant le travail ; la reconnaissance des maladies professionnelles liées à l’amiante et l’indemnisation adéquates des victimes ; l’inspection de l’amiante avant les travaux de rénovation énergétique et la vente ou la location d’un bâtiment.

Le Parlement européen se propose de demander à la Commission de mettre à jour la directive 2009/148/CE afin de préciser que tous les types d’amiante sont cancérigènes et de lancer le processus de mise à jour de la liste des silicates fibreux dans le cadre de la directive.

Sources : https://eurogip.fr/; www.europarl.europa.eu/