Selon les autorités préfectorales, il existe plus de 120 établissements à risques industriels majeurs en Auvergne-Rhône-Alpes particulièrement dans la « Vallée de la chimie ». Le site cité en référence souligne à chaque fois les caractéristiques du danger à partir du produit à risque.

Des gaz toxiques produisent des nuages toxiques. Un gaz liquéfié inflammable sous pression peut déclencher un incendie, voire une explosion. Des liquides comburants, des solides comburants ou liquides inflammables peuvent être à l’origine d’incendie ou d’explosion. Des liquides inflammables peuvent déclencher un incendie ou une explosion ; ils sont en outre dangereux pour l’environnement avec une toxicité spécifique. Les liquides toxiques peuvent engendrer un nuage toxique, dégager un gaz toxique, dangereux pour l’environnement par la formation d’un nuage toxique. Des liquides toxiques ou des solides toxiques peuvent émettre un nuage toxique, des fumées toxiques. Des produits dangereux pour l’environnement engendrent une pollution des sols ou de l’atmosphère. Des produits radioactifs ou produits explosifs peuvent déclencher un incendie, générer des rejets radioactifs. Au contact de l’eau, certains produit réagissent violemment et dégagent un nuage toxique. Des solides inflammables peuvent être à l’origine d’incendie et de fumées toxiques.

L’explosion à la raffinerie de Feyzin, le 4 janvier 1956 avec un lourd bilan de 18 morts dont 11 sapeurs-pompiers et 84 blessés en est la parfaite et tragique illustration dans la vallée de la chimie. En 2001, l’explosion de l’usine toulousaine AZF causait 31 morts et 2 500 blessés et de lourds dégâts matériels. L’explosion, correspondant à un séisme de magnitude 3,4 sur l’échelle de Richter, a été perçue jusqu’à 75 kilomètres. Depuis ce drame, la prévention du risque a été renforcée, sans toutefois éviter d’autres accidents majeurs, comme l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen en 2019. Depuis, on a décompté six accidents majeurs et de nombreux incidents sur des sites Seveso.

Environ 450 000 installations sont classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Elles regroupent toutes les exploitations industrielles ou agricoles pouvant présenter des risques pour l’environnement (pollutions, nuisances), la sécurité ou la santé. La législation prévoit un classement des sites selon l’importance des risques.

La répartition géographique de ces installations résulte de deux siècles de développement industriel lié aux grandes zones de peuplement ; le bassin parisien et le cours de la Seine jusqu’à Rouen, l’agglomération lilloise, Lyon et la vallée du Rhône, ainsi que la région de Marseille et de l’étang de Berre. Aujourd’hui, 2,5 millions de personnes vivent à moins d’un kilomètre d’une installation classée Seveso (dont 1,1 million pour les sites « seuil haut »), et 663 500 à moins de 500 mètres (277 000 pour les sites « seuil haut »).

Cinq secteurs d’activité ont concentré plus de deux tiers des accidents en 2020. En tête, le secteur des déchets et des eaux usées recense 22 % des accidents, suivi par l’industrie chimique et pharmaceutique (16 %), l’agroalimentaire (12 %), l’agriculture et l’élevage (11 %) et la métallurgie (8 %). Les accidents industriels sont enregistrés dans la base de données Aria et sont classés pour chacun de leurs impacts sur une échelle européenne de 0 à 6. Les conséquences de l’accident d’AZF en font un accident de niveau 6 sur le plan humain (31 morts et 2 500 blessés), de niveau 6 sur le plan économique (661 millions d’euros de conséquences économiques estimées) et de niveau 2 sur le plan environnemental.

En vingt ans, on enregistre sept accidents très graves. Si aucun accident n’a provoqué autant de morts que celui d’AZF dans les vingt dernières années, on a décompté six autres accidents atteignant les niveaux les plus élevés de gravité dans des installations Seveso en France, dont l’explosion de l’usine Lubrizol.

Sources : www.lesbonsreflexes.com ; https://www.lemonde.fr/ (21/09/2021)