Vincent RIZZI, qui pendant plus la moitié de sa carrière à la verrerie de Givors a défendu les conditions de travail de ses camarades au sein du Comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) vient d’être emporté par le cancer à 67 ans.

Vincent était entré à la verrerie BSN en 1970, comme stagiaire, puis embauché en mai au poste de manutentionnaire en 3×8 au secteur froid où il devint cariste, également occupé au groisil en 1973. Avant de rejoindre la fabrication en 1975, jusqu’à la fermeture de l’entreprise en 2003, date à laquelle il rejoignit la verrerie de Veauche pour terminer sa carrière. C’est une victime de l’amiante, pour laquelle il avait reçu une attestation d’exposition, mais aussi les cancérogènes utilisés sur tout le processus de fabrication des petits pots.

Connu et reconnu Vincent fut élu délégué CGT au CHSCT en 1985 et y demeura jusqu’à la fermeture du site. Pendant 11 ans (1993-2003) il en fut le secrétaire, intervenant sans relâche pour le respect de la santé des verriers dans l’entreprise. Un seul extrait d’une seule réunion, celle du 1er trimestre 1998, suffira à illustrer sa pugnacité d’intervention en ce sens face aux dénégations de la direction : « on avait cru comprendre que le scellover était interdit, or on s’est en servi à la 71 il y a environ 1 mois et demi et sans hotte d’aspiration. Comment se fait-il qu’on ait pu prendre une telle décision ? On n’avait pas le droit. » Le médecin du travail évoque un produit pour lequel elle n’a pas eu de fiche de sécurité. Vincent ré-intervient : « le CHSCT devrait être prévenu avant tout essai. De plus, la fiche de sécurité, même pour un essai, doit être communiquée au préalable, selon les règles. On ne fait pas rentrer n’importe quoi ou alors on demande l’avis d’un ingénieur chimiste. N’empêche que la machine a tourné pendant deux semaines sans hotte d’aspiration. On ne sait même pas lorsque des essais sont réalisés alors qu’on respire toute la journée le produit. Avec les essais, on joue les « apprentis sorciers ». » A propos du scellover 1 monté à la 71 sans mettre de hotte aspirante, il pose question. Le responsable du secteur répond : ce produit était périmé, on ne devait plus l’utiliser. » Vincent veut en savoir plus : qui a pris la décision de mettre le scellover 1 sans hotte aspirante ? La hotte n’était pas adaptée on a dû la modifier sur place. Et le chef d’expliquer : on ne voulait pas investir parce que le produit ne devait plus être utilisé. Il fallait livrer un client. Vincent d’insister : « vous n’aviez pas le droit d’utiliser un produit sans une hotte appropriée. »

On pourrait citer longuement d’autres interventions de Vincent au CHSCT, face à une direction défaillante sur les protections des travailleurs qui rechigne à investir dans la sécurité. Vincent nous quitte en pleine actualité où l’association des anciens verriers se bat pour la reconnaissance des maladies professionnelles, alors que l’entreprise vient d’être condamnée quatre fois pour « faute inexcusable » par les tribunaux pour ne pas avoir respecté ses obligations. D’autres procédures sont en instance, dont celle à laquelle s’était joint Vincent avec 59 de ses camarades devant la Cour d’appel de Lyon pour exiger de l’employeur (son repreneur) pour la remise d’attestations d’expositions à l’amiante et aux produits chimiques, ainsi que la reconnaissance du préjudice d’anxiété. Ses camarades de travail et amis perdent en Vincent un homme dévoué, un bon camarade qu’on regrette.

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