C’est dans le journal économique Les Echos du 24 avril 2019 que l’on retrouve cette analyse profonde : « L’écologie politique sanctuarise une vision moralisatrice et anticapitaliste de la transition énergétique », déplore Philippe Charlez, expert des questions énergétiques à l’Institut Sapiens. Et « cette pensée unique a contaminé l’ensemble des partis européens ». Diantre ! Alors que le commun des mortels de la pensée libérale de ce continent croyait depuis longtemps, au moins depuis la chute du mur de Berlin en 1989, que le marxisme était mort et enterré.

« Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le tsar, Metternich et Guizot, les radicaux de France et les policiers d’Allemagne. Quelle est l’opposition qui n’a pas été accusée de communisme par ses adversaires au pouvoir ? Quelle est l’opposition qui, à son tour, n’a pas renvoyé à ses adversaires de droite ou de gauche l’épithète infamante de communiste ? Il en résulte un double enseignement. Déjà le communisme est reconnu comme une puissance par toutes les puissances d’Europe. » Marx et Engels avaient réuni à Londres, en 1847, des militants communistes de diverses nationalités afin de rédiger le Manifeste publié en anglais, français, allemand, italien, flamand et danois, pour exposer « à la face du monde entier, leurs conceptions, leurs buts et leurs tendances ; qu’ils opposent au conte du spectre communiste un manifeste du Parti lui-même ».

Un spectre hante l’Europe

Philippe Charlez, l’expert aux questions énergétiques, s’en prend vertement… aux Verts, les accusant des maux, dont ses congénères accusaient les communistes, il y a 172 ans. De ce côté-là les idées ne se renouvellent pas. Le « spectre » du marxisme hante toujours l’Europe : « l’écologie politique est en train de sanctuariser une pensée unique moralisatrice qui prend largement le pas sur une vision pragmatique et raisonnable de la transition énergétique ».

Plus le Groenland fond, plus les hydrocarbures flambent. Dans un rapport, l’ONG internationale Global Witness établit que, trois ans après la COP 21, les projets d’investissements des principales compagnies pétrolières mondiales ne permettent pas d’envisager de limiter le réchauffement climatique à 1,5°. Non seulement le développement de nouveaux champs de production s’avère incompatible avec cette borne atmosphérique, mais une part non négligeable des résultats anticipés dans les exploitations existantes nous amène à la dépasser. Les dispositifs d’ores et déjà actifs prévoiraient de tirer 6 % de gaz et 9 % de pétrole de trop au regard de ce que devraient être les ambitions planétaires. Les pétroliers, pour leur part, ont poursuivi leurs investissements. A ce jour, selon les données de Global Witness, les principales multinationales du secteur prévoient de placer 4 900 milliards de dollars dans de nouveaux champs d’hydrocarbures.

« Le premier accord universel pour le climat a été approuvé à l’unanimité par les 196 délégations (195 États + l’Union Européenne), le 12 décembre 2015. Moins d’un an après, le 4 novembre 2016, L’Accord de Paris (COP 21) entre officiellement en vigueur », (www.gouvernement.fr/). Ah ! Ces communistes, décidément ils se logent partout.

« Ne nous flattons pas trop de nos victoires sur la nature. Écrivait Friedrich Engels, compagnon d’étude de Karl Marx, dans son ouvrage Dialectique de la nature, projeté dès 1873. Elle se venge sur nous de chacune d’elles. Chaque victoire a certes en premier lieu les conséquences que nous avons escomptées, mais, en second et en troisième lieu, elle a des effets tout différents, imprévus, qui ne détruisent que trop souvent ces premières conséquences. Les gens qui, en Mésopotamie, en Grèce, en Asie Mineure et autres lieux essartaient les forêts pour gagner de la terre arable, étaient loin de s’attendre à jeter par là les bases de l’actuelle désolation de ces pays, en détruisant avec les forêts les centres d’accumulation et de conservation de l’humidité. Sur le versant sud des Alpes, les montagnards italiens qui saccageaient les forêts de sapins, conservées avec tant de sollicitude sur le versant nord, n’avaient pas idée qu’ils sapaient par là l’élevage de haute montagne sur leur territoire ; ils soupçonnaient moins encore que, par cette pratique, ils privaient d’eau leurs sources de montagne pendant la plus grande partie de l’année et que celles-ci, à la saison des pluies, allaient déverser sur la plaine des torrents d’autant plus furieux. » Écrivait Friedrich Engels, compagnon d’étude de Karl Marx, dans son ouvrage Dialectique de la nature, projeté dès 1873. Quelle actualité, avec les déchaînements de la nature que l’on connaît aujourd’hui ! Qui devrait conduire les laudateurs du capitalisme à plus de retenue dans l’analyse et la vindicte.

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