Les conclusions du projet de recherche européen EDC-MixRisk (https://www.env-health.org/) soulignent que les risques pour la santé associés aux expositions combinées à des substances chimiques perturbant le système endocrinien (EDC) sont systématiquement sous-estimés dans les méthodes d’évaluation en vigueur dans l’Union européenne. Les chercheurs derrière le projet appellent maintenant à un changement dans l’évaluation des risques afin de mieux refléter l’exposition réelle à de multiples produits chimiques tout au long de la vie.

Ce constat est fait depuis longtemps par les acteurs de la lutte pour la reconnaissance de l’origine professionnelle des maladies. Aucun des 98 tableaux de reconnaissance des maladies professionnelles de la sécurité sociale ne prend en compte la multiplicité des exposition toxiques à l’origine d’une même pathologie. Pourtant, l’itinéraire professionnel d’un verrier, sur 40 ans d’activité dans la même entreprise et la multiplicité des postes occupés, est exposé à autant de produits ou conditions de travail perturbant le système endocrinien.

A la verrerie de Givors, poussières d’amiante et vapeurs d’hydrocarbures dans l’environnement des machines.

* Les risques thermiques. Le contact direct de la peau avec des surfaces chaudes ou des matériaux en fusion peut provoquer de très graves brûlures cutanées. La proximité d’une source de chaleur peut aussi entraîner des céphalées, hypersudation, tachycardie, hypotension et provoquer des malaises dus à la déshydratation et des troubles circulatoires. Les expositions au rayonnement infrarouge provenant du verre en fusion peuvent augmenter le risque de cataracte et d’altération rétinienne et cornéenne ou de brûlures ou d’irritations cutanées. Les risques oculaires sont fortement aggravés par les rayons directs lorsque le travailleur fixe la source IR de manière prolongée, en restant immobile dans son axe, mais il faut aussi tenir compte des rayons indirects par réflexion sur des surfaces réfléchissantes (cf. Sud-Loire Santé au travail, 05/2017)

* Les risques chimiques causés par les procédés de fabrication du verre. Les substances entrant dans la composition du verre sont nombreuses et les fumées et les poussières provenant des matières premières en suspension exposent à des dangers d’affections respiratoires et certains sont cancérogènes : l’industrie du verre a été classée par le CIRC en 1993 en 2A (cancérogène probable) pour la fabrication de la verrerie d’art et le verre pressé dans son ensemble. Principaux agents cancérogènes avérés ou suspectés et produits toxiques pouvant être présents en verrerie : Préparation et mélange des matières premières (silice cristalline, oxydes de plomb, de chrome VI, de nickel, de cobalt, de cadmium, chromate de potassium, trioxyde d’antimoine, d’arsenic, sélénium). L’introduction et sortie des pièces des fours expose aux fibres céramiques réfractaires. Les moulage et démoulage exposent aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et aux brouillards d’huile. Les traitement de surface du verre, à chaud et froid, exposent aux oxydes d’étain, de titane et chlorure d’hydrogène. Maintenance, nettoyage et métallisation des moules exposent aux HAP, oxydes de chrome VI, de nickel. La maintenance et l’entretien des fours, exposent aux fibres céramiques réfractaires. La maintenance des équipements exposent aux fumées de soudage.

* Risques physiques de fabrication du verre . Le bruit, les trépidations, la chaleur, le stress, le travail en équipes, horaires décalés jour et nuit, dimanche et fêtes constituent autant d’éléments dégradant le système endocrinien, source de développement de cancers.

Le cancer est la première cause de mortalité en France, devant les pathologies cardiovasculaires ; sa prévention constitue une priorité de la santé au travail. Les facteurs professionnels susceptibles d’augmenter les risques de cancer sont souvent étudiés séparément les uns des autres, alors que les expositions aux agents cancérogènes sont souvent multiples. En milieu professionnel, le travailleur peut être confronté simultanément à de nombreux agents chimiques, physiques et/ou biologiques, ainsi qu’à des contraintes organisationnelles et psychosociales. Le travail des verriers le démontre assez.

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