Très tôt, dès le XVIIIe siècle, la bassin givordin vit naître une prospère industrie. Son positionnement géographique, à la confluence des vallées du Rhône et du Gier, ouvrait sur le bassin industriel de la Loire et son charbon avec les énormes débouchés de consommation des centres urbains du nord et du sud.

C’est ainsi que naquit l’industrie du verre en 1749, mais avec elle d’autres activités connexes. Par lettres patentes, du 6 septembre 1761 était approuvé la réalisation du canal entre Givors et Rive-de-Gier. La briqueterie, nécessaire à la réalisation des fours, prenait son essor. Elle-même développée ensuite pour répondre aux besoins naissants et croissants de la métallurgie et sidérurgie du bassin : la Fournaise (1839), Compagnie des Hauts Fourneaux et Fonderie de Givors, (1841). En 1845, Givors comptait dix-sept manufactures et usines, avec 7 465 habitants. Après une brillante apparition en 1830 à Givors la ligne de chemin de fer confirma sa domination économique sur le canal. A Grigny, la rotonde ferroviaire de 9 000 m² était mise en service en 1881 par la Cie PLM.

Vers 1800, Bignon, maître verrier, installait la plus ancienne briqueterie givordine aux 16-18 rue du Moulin, (située immédiatement à l’ouest de la voie ferrée Givors-Nîmes). Vers 1850, il y avait six tuileries dans la rue des Tuileries : la Tuilerie Bignon (la plus ancienne), les tuileries Rosier, Berger, Catton, Miray et Gay, entre les n° 7 et 19. Rapidement, les process de fabrication des briqueteries durent évoluer en fonction de la demande locale et régionale avec le développement des industries, exigeant des briquetages capables de supporter de très hautes températures de fusion. Pour la fabrication de produits réfractaires de nouveaux investissements devaient rapidement répondre à la nécessité de calciner des blocs erratiques de quartz. Fondés en 1842, les Établissements Prost (entre la voie ferrée et la colline près de la gare de Givors-ville), devenaient spécialistes des produits réfractaires.

Les fours de verreries exigent des briquetages capables de supporter de très hautes températures de fusion.

Pour répondre aux besoins de la métallurgie, les briques argileuses ou silico-alumineuses (15 à 20 % d’alumine et 70 à 80 % de silice) sont employées dans la construction des fours. Les matériaux de composition des briques doivent répondre à des température de fusion élevées : kaolin 1730° ; brique d’argile réfractaire 1500-1750° ; alumine 2050° ; bauxite 1600-1800° ; argile alumineuse 1795° ; alundum 1750-1800° ; chromite 2180° ; magnésie 2000-2800° ; quartz 1750° ; sable siliceux 1700° ; chaux pure 2570° ; carborundum 2500° ; zircon 2550° ; zircone 2700°.

Aujourd’hui, on connaît mieux les risques professionnels auxquels étaient et restent exposés les salariés à la fabrication de ces briques, mais aussi ceux qui en assurent l’entretien, notamment lors des « arrêts de fours » en verrerie. La chaux pure est reconnue au tableau 25 des maladies professionnelles pour les affections consécutives à l’inhalation de poussières minérales renfermant de la silice cristalline depuis le 2 août 1945 : silicoses, pneumoconioses, fibroses. Avec un délai de prise en charge de 35 ans. Les fibres céramiques réfractaires sont classées « cancérogènes possibles » pour l’homme par l’Union européenne, classées 1B (INRS ED 109). Le Kaolin est aussi reconnu au tableau 25 MP (2/8/1945) pour la silicose, les complications cardiaques, insuffisance ventriculaire droite caractérisée, pleuro-pulmonaires, tuberculose et autre mycobactériose, cancer bronchopulmonaire primitif ; lésions pleuro-pneumoconiotiques à type rhumatoïde avec un délai de prise en charge de 35 ans. L’ingestion répétée de l’oxyde de fer induit des troubles digestifs et une atteinte hématologique. Des dépôts de fer sont retrouvés dans de nombreuses cellules de l’appareil digestif (intestins, foie). L’inhalation entraîne une inflammation bronchique. Les effets du trichlorure de fer sont essentiellement liés à ses propriétés fortement irritantes, notamment sur les muqueuses digestives, respiratoires et oculaires (INRS, FT 154).

Autant dire que ces produits ne sont pas étrangers aux constats de l’Observatoire régional de santé pour Givors. Le taux de patients hospitalisés pour les cancers du poumon y est plus élevé que dans les autres communes. La mortalité pour tumeurs et appareil respiratoire en est la cause principale. La mortalité 65 ans et plus est supérieur à celle de Rhône-Alpes pour les tumeurs, pathologies cardiovasculaires et diabète. La mortalité prématurée (avant 65 ans) est supérieure au taux de la Région.

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