« L’épidémie est-elle pour vous hors de contrôle ? » A cette question posée par le Progrès le 28 octobre, 73 % des 11 884 votants ont répondu OUI ! C’est dire la confiance qui règne dans la population vis à vis des mesures prises par les institutions face à la crise du Covid… Il faut dire que les effets d’annonces ne se concrétisent pas beaucoup. Avec 5 000 lits, la France n’a pas rattrapé son sous-équipement, qui la place loin derrière l’Allemagne (3,4 fois plus de lits de réanimation par habitant) ou même les Etats-Unis (4 fois plus de lits). La promesse faite en mars par Olivier Véran (ministre de la santé), de porter la capacité de 5 000 à 12 000 lits, n’a pu être tenue. En Île-de-France, l’une des régions les plus touchées par le rebond de l’épidémie, l’Agence régionale de santé fait même état d’une baisse de 30 % du nombre de lits de réanimation, selon Le Progrès du 29 octobre 2020. Les 4 000 lits promis lors du Ségur ne sont toujours pas arrivés dans les services et manquent cruellement. D’autant que l’an dernier 3 400 lits avaient encore été fermés. En 2018, 4 000 avaient déjà été fermés. Entre 2003 et 2017, plus de 69 000 places d’hospitalisation à temps complet ont disparu. C’est l’œuvre décisionnelle du « Comité interministériel de performance et de modernisation de l’offre de soins » (Copermo). Le marasme est organisé ! A ce jour, 5 000 lits de réanimation sont disponibles, 7 000 en avril dernier. Contrairement à l’Italie, où 6 600 médecins et 14 500 infirmiers ont été embauchés durant l’été, la France n’a pas recruté. Les Français sont peut-être d’irréductibles Gaulois, mais ils sont aussi cartésiens !

Il faut « sortir du dogme de la fermeture des lits » affirmait le ministre de la santé en mai 2020. Mais il continue le sale boulot. En région parisienne, les regroupements en cours de sites hospitaliers auront aussi pour conséquence de réduire les capacités d’hospitalisation. Les hôpitaux de Longjumeau, Juvizy et Orsay doivent par exemple fermer pour en ouvrir un à Saclay. Résultat : des centaines de lits en moins. A Paris, ce sont les hôpitaux Bichat et Beaujon qui doivent disparaître au profit d’un nouvel hôpital à Saint-Ouen. Le nouveau site devrait abriter un quart de lits d’hospitalisation en moins que ceux qu’il est censé remplacer. A Poitiers, la fusion prévue pour 2021 du CHU avec un groupement hospitalier « Nord-Vienne » fait également craindre une diminution des places d’hospitalisation.

Pour faire face à l’afflux de malades du COVID, les hôpitaux de Lyon doivent trouver des solutions pour « réarmer » des lits de réanimation, les équiper afin de pouvoir accueillir des patients placés en coma artificiel. Trouver des lits et surtout du personnel (France info). Le 4 novembre, quatre patients de Lyon ont été transférés à Nantes par avion militaire, afin de soulager les hôpitaux du Rhône (Ouest-France). « En Auvergne-Rhône-Alpes, la région la plus touchée par l’épidémie, 43 évacuations ont déjà été réalisées et 200 autres sont prévues », a annoncé le ministre de la santé.

D’un point de vue sanitaire, la situation est « hors de contrôle » avec une circulation du Covid bien supérieure à celle du mois de mars. Pourquoi ? Parce que les leçons n’ont pas été tirées : les fermetures de lits dans les hôpitaux continuent, les personnels sont épuisés et l’organisation des tests dysfonctionne… Depuis le début de l’épidémie, le gouvernement navigue à vue et nous abreuve d’injonctions contradictoires, alors qu’il faudrait qu’une véritable stratégie de crise soit élaborée collectivement et démocratiquement avec toutes les forces politiques et syndicales de ce pays. (www.cgt.fr, 05/11/2020)

La santé doit primer, « quoi qu’il en coûte », car nos vies valent plus que leurs profits ! Une vraie stratégie de prévention doit être mise en place immédiatement avec des tests rapides, l’ouverture des lits nécessaires dans les hôpitaux et le financement de la recherche. Gouvernement et patronat doivent prendre immédiatement toutes les mesures pour protéger les travailleur·se·s, y compris en arrêtant les activités non essentielles lorsque c’est nécessaire. Les salarié·e·s doivent avoir droit au télétravail dès que leur activité le permet avec un encadrement immédiat (prise en charge du matériel et des frais professionnels, temps de travail, droit à la déconnexion, volontariat…). Des moyens immédiats doivent être débloqués pour notre système de santé. Nous revendiquons la mise en œuvre d’un plan de recrutement massif dans la santé, la réouverture des milliers de lits supprimés ces dernières années. La CGT appelle aussi à signer la pétition nationale pour exiger l’annulation du « forfait urgence » !

non quis porta. Praesent ut nunc dapibus id, tempus