Dans les années 80, les « TUC », pour « Travaux d’utilité collective », avaient été lancés pour lutter contre le chômage. 350 000 jeunes en avaient bénéficié à l’époque. Aujourd’hui, beaucoup ont la mauvaise surprise de voir que ces années travaillées ne comptent pas pour la retraite.

En 1981, la génération Mitterrand affrontait le chômage de masse. Les décisions gouvernementales de l’époque ont mis en place le « traitement social du chômage ». Du coup le travail des TUC (Travaux d’Utilité Collective) a été indispensable au bon fonctionnement des services publics. Le TUC, était réservé aux 16-21 ans, sans emploi ni formation et aux chômeurs de 21 à 25 ans. Ce furent les pires contrats précaires mis en place entre 1984 et 1989. Théoriquement, il ne s’agissait que d’un travail à mi-temps, de trois à douze mois, dans une collectivité ou un service public. C’est le premier contrat jeune subventionné par l’État. L’arme permet de lutter contre le chômage, mais se retourne aujourd’hui contre ceux qui en ont bénéficié.

La disparition de la verrerie de Givors, après la liquidation de la métallurgie et sidérurgie du bassin givordin a dégradé davantage de taux d’emploi.

La question de la validation des contrats TUC pour la retraite a été posée à plusieurs reprises à l’Assemblée ou au Sénat entre 2009 et 2020. Si les gouvernements successifs avaient le moindre souci de justice sociale, ils auraient répondu depuis longtemps aux demandes des députés. Le Médiateur de la République, M. Delevoye, parlait en 2010 d’iniquité si des demandeurs d’emploi doivent perdre des ressources au titre des cotisations pendant la période où ils sont privés d’emploi. Il a impulsé à ce sujet une réforme. Qui n’est pas rétroactive… Les Tucistes ont accompli leur contrats de travail dans des conditions assez honteuses et n’ont aucun droit pour la retraite pour les 6 mois, 1 an voire 2 ans qu’ils ont effectué. Cela fait plus de 15 ans que des courriers, courriels et interpellations publiques aux différents gouvernements en place ont été effectués et transmis pour faire reconnaître, à minima les trimestres accomplis par les TUC ! Le gouvernement refuse. Ces travailleurs, affirme un député LREM, n’étaient que des stagiaires : pas question de payer !

Aujourd’hui, ils protestent et témoignent : ils étaient éboueur, électricien, employée dans la fonction publique hospitalière, dans une école ou un secrétariat de mairie, et même bibliothécaire au CNRS. Certains, très jeunes, n’avaient pas trop prêté attention au fait qu’ils ne cotisaient pas pour la retraite. D’autres pensaient avoir le temps d’obtenir les trimestres nécessaires pour partir à 60 ans après 37,5 années de cotisations, sans imaginer que la réforme des retraites les obligerait à travailler jusqu’à 62 voire 65 ans pour avoir une pension complète. Quant aux chômeurs, ils devaient prendre ce TUC sous peine de se voir radiés de l’ANPE, le Pôle emploi de l’époque.

Une « gestion sociale du chômage » qui doit inciter les demandeurs d’emploi d’aujourd’hui à une plus grande vigilance sur les contrats bidons proposés par l’État et le patronat, sous menace d’être radié de Pôle emploi !

Sources : www.francetvinfo.fr (29/11/2022) ; https://journal.lutte-ouvriere.org/ (27/10/2022)