Le député macroniste de Givors – président du Conseil National de l’Air – vient de publier un communiqué, à partir de nouvelles directrices pour la qualité de l’air publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour souligner « que la qualité de l’air s’améliore globalement en France depuis 20 ans. Les émissions de certains polluants (particules fines PM10, oxydes d’azote…) ont baissé significativement, et les dépassements des seuils réglementaires pour ces polluants sont moins nombreux. Ce n’est néanmoins ni suffisant, ni généralisé à tous les polluants, ni à tous les territoires, et c’est pourquoi l’action publique engagée doit se poursuivre. » Surtout pour valoriser les quelques mesures décidées depuis trois ans – aux effets encore très limités : Zones à Faibles Émissions mobilité ; aides à la conversion pour l’acquisition de véhicules plus propres ; révision de l’indice ATMO de la qualité de l’air. Mesures qui ne coûtent pas grand-chose et qui permettent beaucoup d’effets d’annonce. A six mois de la présidentielle, on mène comme on peut la campagne électorale.

Le député givordin rappelle l’affirmation le Dr Hans Kluge, directeur régional Europe de l’OMS : « L’air pur est un choix politique et une responsabilité sociétale ». Que ne l’applique-t-il pas lui-même ! Parlons des choix politiques et de l’irresponsabilité sociétale de son gouvernement.

Dans ce domaine, la communication du député aurait été beaucoup plus complète et pertinente s’il avait cité le contenu du rapport de l’OMS et l’OIT (Organisation internationale du travail), publié aussi en septembre. Le nombre des décès liés au travail s’élève à près de deux millions chaque année, indiquent les deux organismes mondiaux.

« Les maladies non transmissibles étaient responsables de 81 % des décès – indiquent l’OMS et l’OIT –, dont les principales causes étaient les pneumopathies obstructives chroniques (450 000 décès), les accidents vasculaires cérébraux (400 000) et les cardiopathies ischémiques (350 000). Les accidents du travail étaient quant à eux responsables de 19% des décès (360 000). L’étude examine 19 facteurs de risque professionnels, notamment l’exposition à de longues heures de travail et l’exposition sur le lieu de travail à la pollution atmosphérique, aux asthmogènes, aux agents cancérogènes, aux facteurs de risque ergonomiques et au bruit. Le risque principal était l’exposition à de longues heures de travail (environ 750 000 décès). L’exposition à la pollution atmosphérique (particules, gaz et fumées) sur le lieu de travail a provoqué 450 000 décès. »

Pourtant, cette étude souligne « l’exposition sur le lieu de travail à la pollution atmosphérique », mais notre député n’a pas vu, il n’est intéressé que par la pollution extérieure aux lieux de travail. C’est un choix politique qu’il ne veut pas assumer. On le savais déjà après la démarche des verriers entreprise au début de son mandat (novembre 2017) au cours de laquelle il lui a été demandé de s’investir et d’intervenir auprès du gouvernement et à l’Assemblée pour le soutien des revendications des verriers. Tout d’abord pour le classement du site de la verrerie dans la liste des sites amiantés du ministre du travail. Il s’est contenté d’accepter de transmettre une lettre de l’association des verriers à la ministre. Ce qui n’a abouti à aucun résultat, on attend toujours la réponse de la ministre… Qui a refusé cette inscription. Les verriers restent une affaire sensible : https://www.youtube.com/watch?v=iXmQHHWQUQ4&t=28s

A la verrerie, le graissage des moules à 800° dégage une vapeur d’hydrocarbure hautement cancérogène, des HAP, toutes les 20 minutes. L’amiante y est largement utilisée.

Pourtant, outre les vapeurs d’hydrocarbure sur les moules de fusion du verre hautement cancérogènes, l’usage quotidien de l’amiante dans les ateliers de la verrerie entrent pleinement dans les notions de pollution atmosphérique si chères à ce parlementaire. Comme quoi son grand intérêt pour le sujet reste tout à fait sélectif, évitant la recherche des causes essentielles de pollution et de risques pour la santé.

A défaut de compter sur le député de la circonscription, les verriers ont dû s’appuyer sur trois autres parlementaires pour porter leurs revendications au Parlement : un député du Rhône, un autre du Nord et une sénatrice de la Loire. Un engagement politique qui ne concerne pas le député macroniste.