« Dès le début de l’épidémie, l’administration, pour se dédouaner, tente dans certains établissements de mettre la responsabilité de la contamination des patients sur le dos des soignants. Nous avons donc vu se multiplier les menaces et les sanctions. Comme à Toulouse dans un Ehpad où deux infirmier·ères ont été mis à pied pour avoir osé réclamer des masques. Samedi, nous apprenions qu’à l’hôpital de Périgueux une enquête de l’ARS (Agence régionale de santé – NDLR) mettait en cause le personnel dans le développement d’un foyer épidémique dans l’établissement. Il est évoqué le « non-respect des mesures barrières ». Mais de qui se moque-t-on ? De par la loi, les ARS sont responsables du bon fonctionnement du système de santé, ce qui implique la mise à disposition des matériels nécessaires à cette mission, notamment les équipements de protection. Or, les ARS ont été plus que défaillantes à ce niveau. Ce sont donc leurs responsables qu’il faut sanctionner et non les lampistes sur le terrain, exposés sans protection au virus et dont certains en sont morts et vont encore en mourir. » Ainsi s’exprimait Christophe Pruhomme médecin au Samu de Seine-Saint-Denis (www.humanite.fr/ 27/04/2020).

Il faut revenir sur le rôle imparti aux ARS. « Les agences régionales de santé, selon le site internet www.ars.sante.fr/, mettent en œuvre de nombreux programmes visant à prévenir les risques de maladie et réduire les inégalités de santé dans la population. Des actions de prévention adaptées aux spécificités territoriales. Selon la situation géographique, sociale, médicale, familiale et l’âge de chacun, les demandes en santé sont différentes. Les agences régionales de santé ont une approche ciblée pour répondre au plus près des besoins des populations. Elles mettent en œuvre des plans d’action pour la prévention en santé adaptés aux spécificités territoriales et populationnelles. Pour cela, elles peuvent s’appuyer sur des opérateurs (établissements sanitaires ou médico-sociaux, associations…) qu’elles financent (via notamment des appels à projets). Particulièrement des mesures de prévention liées à l’environnement social : la santé au travail, la prévention du suicide, les addictions (tabac, drogues…), la prévention des risques de la vie courante. »

En cette période de pandémie de Covid-19, on pourrait attendre des ARS qu’elles soient à l’avant-garde de la prévention des risques de la vie courante, comme de la santé au travail or, d’après les faits soulevés par le médecin du Samu il apparaît bien des faiblesses de ce côté-ci, voire même tentatives de se défausser sur les lampistes de service applaudis tous les soirs aux fenêtres d’immeubles. Mais sans doute qu’à cette heure-ci les bureaux des Agences sont désertés depuis longtemps.

Les 14 et 15 novembre 2019, à Givors, 3e colloque national des verriers coorganisé avec Sciences-Po Lyon sur les risques professionnel et environnementaux.

A l’heure où les verriers de Givors ouvraient les travaux de leur second colloque le 10 octobre 2015 à Givors l’ARS-Rhône-Alpes, pourtant invitée s’était fait portée pâle. La directrice de la santé publique, pour le directeur général, excusait la semaine suivante l’absence de l’Agence qui n’avait pas pu se faire représenter. La directrice confirmait que « les bons interlocuteurs de votre association demeurent la Carsat et la Cpam », ce qui permettait de passer la « patate chaude » à d’autres…

Rappelons tout de même que le sujet de ce colloque « Les verriers ne sont pas seuls exposés aux risques professionnels » rentrait tout à fait dans les prérogatives de l’ARS, comme d’ailleurs celui tenu en novembre 2019 avec pour sujet « Du lieu de travail au lieu de vie, quelles mobilisations contre les risques professionnels et les atteintes à l’environnement ? ». Pas davantage au troisième qu’au second l’ARS n’a jugé utile de se faire représenter. Pourtant, les ARS mettent en œuvre de nombreux programmes « Particulièrement des mesures de prévention liées à l’environnement social : la santé au travail ». En novembre 2019 à Givors, nous étions en plein dans le sujet, des scientifiques, juristes, syndicalistes, militants associatifs avaient fait le déplacement de la France entière, mais l’ARS de la région était encore aux abonnés absents ! Avec le médecin du Samu nous dirons : « C’est l’ensemble de l’administration sanitaire qu’il faut réformer pour qu’elle soit soumise à un contrôle démocratique et que, surtout, elle retrouve sa mission première : veiller à ce que toute la population ait accès à un système de santé de proximité et de qualité. »

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