Plusieurs groupes de militants du mouvement écologiste Extinction Rébellion sont intervenus brièvement samedi 17 décembre sur les sites Arkéma de Pierre-Bénite et de la DREAL à Lyon pour dénoncer la pollution aux perfluorés que l’on retrouve dans les eaux de consommation courante plus de 20 km plus bas.

A leur dénonciation de « ce qui se faire de pire en terme d’inaction gouvernementale », le préfet s’est fendu d’un communiqué vengeur rappelant que « depuis plus de six mois, les services de l’État en Auvergne-Rhône-Alpes ont renforcé leur mobilisation pour contrôler et faire diminuer la présence de PFAS au Sud de Lyon ».

Arkema à Pierre-Bénite dont le rejet d’eau polluée ne sont pas soumis à réglementation…

La plateforme chimique de Pierre-Bénite n’en est pas à son premier scandale de pollution des eaux du Rhône et le directeur d’Arkéma peut encore se targuer : « En France, il n’existe pas de norme concernant les rejets » (Le Progrès, 01/06/2022). Pourtant, après la pollution du Rhône de juillet 1976, le directeur de P.E.P.R.O. comparaîtra en correctionnel le 25 avril 1977. A la suite du déversement, le 11 juillet 1976, de vingt tonnes d’acroléine provenant de la société Ugine Kuhlmann. Le directeur de l’établissement est inculpé de « pollution de cours d’eau ». Pour les pollutions du Rhône de 1972 à 1976 devant le tribunal correctionnel de Lyon, prison avec sursis et amendes furent requises contre le P.D.G. et deux directeurs lyonnais de P.C.U.K.

Quarante-six ans après ces condamnations, il n’existe toujours pas de réglementation concernant les rejets polluants dans le Rhône ! Et le préfet n’est pas content que d’aucuns constatent l’inaction de l’État !

Son inaction ne concerne pas uniquement la pollution à Pierre-Bénite, on peut l’observer aussi sur l’ancien site de la verrerie de Givors, où après trois arrêtés préfectoraux concernant la pollution des eaux souterraines, un nouveau préfet donne finalement l’autorisation de déverser les eaux de pluies dans le Gier, affluent du Rhône, sans autre forme de procès. Quand la communication médiatique et la sensibilisation des populations s’atténuent, le pouvoir d’État est là pour « arranger les choses » au profit des industriels. Mais il ne faut pas le dire : le préfet se met en colère.

Désabusé, Roger T., retraité d’Arkema, ancien secrétaire du CHSCT, pourra déclarer lors d’une réunion publique à Pierre-Bénite : « Arkema rejette dans l’eau, les sols, l’air des PFAS depuis des années. Il est leader dans la chimie du fluor. L’entreprise maîtrise parfaitement cette chaîne de production. Le directeur nous dit qu’il n’existe pas de réglementation en France concernant les rejets des PFAS donc il respecte la réglementation. Ce n’est pas une posture responsable. » C’est un constat qui montre bien qu’on attend toujours une initiative de l’État pour réglementer les rejets dans le Rhône et dans l’air, voire simplement les interdire !

Si l’État est aux abonnés absents lorsqu’il s’agit d’interdire la pollution de l’air et des eaux, par contre il fut présent, et sans faiblesse, pour interpeller samedi dernier une vingtaine de militants qui venaient lui rappeler ses devoirs. Sa police était là, efficiente.

Source : www.leprogres.fr