Après plusieurs refus du CRRMP, l’Association de défense des victimes de maladies professionnelles Adevat-AMP de Saint-Avold (Moselle) vient finalement d’obtenir la reconnaissance en maladie professionnelle de deux cas de maladie de Parkinson. Des ouvriers exposés au trichloréthylène. Un « résultat remarquable » salue l’association.

Le trichloroéthylène est un composé organique halogéné volatil : il s’agit d’un liquide incolore, presque insoluble dans l’eau. C’est en revanche un excellent solvant pour des substances synthétiques ou naturelles telles que les graisses, huiles, matières grasses, cires, résines, etc. Il a été utilisé entre 1930 et 1950 dans les pressings, avant d’être remplacé par le perchloroéthylène. Il est aujourd’hui utilisé principalement (95%) pour le dégraissage et le nettoyage des métaux (CIRC, 1995). Il est plus rarement utilisé pour d’autres utilisations telles que l’industrie du caoutchouc, des produits d’entretien, des peintures et vernis, et comme intermédiaire de synthèse de composés chlorés, etc.

Dangers du trichloréthylène

En 1995, le trichloréthylène a été classé « CMR probable » (il était auparavant classé « CMR possible ») par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Ceci a été entériné par la directive européenne 2001/59/CE de la Commission du 6 août 2001 portant vingt-huitième adaptation au progrès technique de la directive 67/548/CEE. Il est classé « cancérogène » (Groupe 1) par le CIRC depuis le 9 octobre 2012. Il irrite la peau et les muqueuses, et est un toxique pour le système nerveux central : inhalé à de fortes teneurs (au-delà de 3 000 ppm), il peut entraîner le coma voire la mort en quelques minutes. De nombreux cas de maladie professionnelle ont été rapportés à la suite d’une manipulation prolongée.

Il y a six ans, l’association Adevat-AMP de Saint-Avold avait lancé une enquête auprès de ses 600 adhérents sur les pathologies neurologiques et notamment la maladie de Parkinson. En croisant les informations, elle a relevé une exposition commune des victimes au trichloréthylène. Aussi, « deux maladies de Parkinson, celle d’un ouvrier de la métallurgie chez TRW à Bouzonville et une autre émanant d’un agent de maîtrise de maintenance chez Total à Carling, ont été soumises à la Caisse primaire d’assurance maladie de Moselle au titre d’une demande de reconnaissance de maladies professionnelles hors tableaux », fait savoir Marcel Nicolaus, président de l’Association.

Bien leur en a pris : ces deux demandes viennent d’être reconnues au titre d’une maladie professionnelle pour une exposition à un neurotoxique, le trichloréthylène. « Notre première demande avait été rejetée par le Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles avant d’obtenir finalement un avis favorable d’un deuxième CRRMP », détaille le président de l’association. Il poursuit : « Après une bataille médico-juridique démarrée en mars 2017, la deuxième demande, après le rejet par deux CRRMP, vient d’être reconnue par une décision de justice du Pôle social du Tribunal judiciaire de Metz. » L’avis du CRRMP et celui du tribunal s’imposant à la CPAM, cette dernière reconnaîtra ces pathologies comme étant d’origine professionnelle, permettant ainsi la prise en charge et l’indemnisation des victimes.

« Cette reconnaissance a été obtenue de haute lutte grâce à la mobilisation et le travail l‘équipe de l’Adevat-AMP, ses salariés, ses bénévoles, et le soutien technique du docteur Lucien Privet qui a permis d’obtenir ce résultat », salue Élisabeth Walter, vice-présidente.

Ces militants sont des précurseurs dans la reconnaissance des cancers du rein et des lymphomes non hodgkiniens, les bénévoles et salariés de l’association lance un appel aux victimes d’un cancer du rein, d’une maladie de Parkinson, au conjoint, ayant-droit d’un salarié ou d’un retraité qui a été victime de l’une ou l’autre de ces deux pathologies. A tous ceux aussi qui ont travaillé dans la chimie, la métallurgie, la mécanique et la maintenance industrielle, automobile ou minière du fond et du jour, dans la peinture, un pressing ou toute autre profession exposant ses salariés au trichloréthylène. Seuls, les combats qui ne sont pas engagés, sont des combats perdus d’avance !

Sources : https://www.republicain-lorrain.fr/; www.cancer-environnement.fr/ ;