Cent-seize décès de l’amiante accusent !

Conseil des prud’hommes, Cour d’appel, Cour de cassation, battus, pas contents, le pouvoir et le patronat font encore appel. Ils continuent la procédure contre les salariés de la plateforme chimique de Roussillon qui veulent faire reconnaître les risques professionnels liés à l’amiante auxquels ils ont été exposés. C’est de l’acharnement contre les victimes !

« Dans les faits, l’arrêté de ce classement en site amiante a été signé le 19 décembre dernier, il est effectif depuis le 17 janvier mais Rhodia et le ministère ont de nouveau fait appel de cette décision. C’est donc sur le fond que l’appel réside », précisent Ayhan Ismaan, coresponsable CGT sur la plateforme, André Mondange, délégué syndical CGT Osiris et secrétaire de l’Union locale de Roussillon, et Sandrine Starzynski, secrétaire adjointe du CHSCT. Même si un appel est de nouveau d’actualité, dans les faits, ce classement ouvre de droits en matière d’indemnisation, donne aux salariés à partir de 50 ans la possibilité de bénéficier d’une allocation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante et facilite les reconnaissances en maladie professionnelle.

Le Caper (Comité Action Prévenir et Réparer Nord-Isère) qui se charge des procédures administratives et juridiques des victimes de l’amiante, a déjà recensé 116 décès liés à l’exposition à l’amiante. Un acte d’accusation, mais « ce n’est que la partie visible de l’iceberg », lance André Mondange. Au niveau du CHSCT de la plateforme chimique, le travail sur l’amiante a commencé dès 2010. Courant 2013, les premiers dossiers ont été montés par le Caper et dès 2014 déposés auprès du ministère.

Si l’amiante est interdite depuis 1997, l’Etat n’oblige pas les sociétés à dépolluer leurs sites. Au magasin général comme à la chaufferie, nous avons encore de l’amiante à Roussillon. Au travers du CHSCT, nous menons un combat pour que le site soit dépollué, mais tout cela coûte pour les employeurs. Les documents techniques amiante (DTA) ne reflètent pas la réalité et les fiches d’exposition relatives à l’exposition de produits dangereux sont inexistantes, notent les responsables syndicaux.

A noter qu’à l’initiative du CHSCT de la plateforme chimique, la Carsat, (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail), rencontrera les salariés du site le 7 février prochain afin de les informer sur leurs droits et modalités de départ. Le combat pour le respect de la santé au travail continue.

http://lessor38.fr/roussillon-la-plateforme-chimique-classee-site-amiante-21152.html