Une étude dans laquelle il conviendrait de mettre le turbo.

Les verriers de Givors de par leurs conditions de travail (chaleur, trépidations, stress, travail en équipes alternées jour et nuit) et la multiplication des expositions à 55 produits toxiques classés cancérogènes sont vivement intéressés par le troisième Plan Santé au Travail (PST3) adopté fin 2015 par le ministère du travail. Particulièrement par l’action spécifique visant l’amélioration de la prise en compte de la poly-exposition.

Les fiches de données de sécurité des produits utilisés montrent assez bien les risques et les organes humains touchés par ces expositions. La poly-exposition de ces ouvriers de verrerie n’est pas à démontrer, les fabricants de ces produits le signalent eux-mêmes. Mais le plus difficile pour les victimes c’est de le faire reconnaître par la Sécurité sociale. Rappelons que les tableaux de reconnaissance des maladies professionnelles ne prenne en compte que l’exposition à un seul produit à la fois et pour une seule pathologie. Et encore de manière très restrictive, jamais dans le cadre d’une poly-exposition.

Cependant, deux cancers des voies aéro-digestives supérieures (VADS) ont finalement été reconnues chez les verriers de Givors, mais après douze années de procédures. Il fallu non seulement passer les barrières des Comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) de Lyon et Dijon, mais après la décision positive du Tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Lyon, subir la procédure en Cour d’appel conduite par l’entreprise (O.I.-Manufacturing) et solidairement menée avec la Sécurité sociale (!). Puis subir encore la procédure devant la Cour de cassation où l’entreprise fut finalement déboutée.

Les verriers ne sont pas les seuls à subir de telles expositions multiples. Tout au long de leur carrière professionnelle, les travailleurs sont exposés simultanément à des nuisances chimiques, biologiques ou physiques par différentes voies telles que l’inhalation, l’ingestion ou encore par voie cutanée. Ces expositions, associées à des facteurs de risques psychosociaux liés aux problématiques d’organisation et de management du travail, peuvent favoriser la survenue de pathologies à court ou à long terme et accentuer la pénibilité au travail.

Dans le cadre du troisième Plan Santé au Travail (PST3), une action spécifique vise l’amélioration de la prise en compte de la poly-exposition ainsi que l’identification de certaines filières professionnelles particulièrement exposées aux risques cumulés. A ce titre, un premier état des lieux recense les principales actions conduites dans ce domaine au niveau institutionnel en France et dans d’autres pays en Europe et en Amérique du Nord.

Cette étude a consisté à collecter et analyser les études, pratiques et orientations disponibles sur la question de la poly-exposition. Elle souligne que les travaux et les actions les plus avancés dans le domaine portent sur les expositions aux substances chimiques mais la connaissance des travailleurs sur ces risques reste insuffisante. Concernant les autres facteurs de risques tels que les facteurs physiques ou biologiques, l’analyse reflète le faible investissement sur ces sujets. D’autre part, les travaux sur les contraintes organisationnelles et psychosociales sont en plein développement.

Cette étude ne fait que souligner qu’il y a du boulot en la matière et qu’il y aurait besoin d’y mettre un turbo, car ce sont des milliers de travailleurs qui sont exposés chaque jour à des conditions de travail toxiques pour la santé. Sans que des mesures de protection soient imposées sur les postes de travail. Des milliers de cancers se développent en conséquence dont on recherche très souvent les causes dans le comportement des victimes sans aller plus loin.

Source : https://www.anses.fr/fr/

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