La pollution de l’air est la première cause de mortalité subie en France, responsable de 48 000 décès prématurés chaque année. Cette situation est connue depuis plusieurs années, et en France sur plusieurs territoires sont observés régulièrement le dépassement des seuils autorisés pour plusieurs polluants de proximité tels que les dioxydes d’azote, les particules fines mais aussi l’ozone. Cette pollution concerne tous les secteurs d’activités (transport, industrie, agriculture, résidentiel…). Le secteur des transports est le premier émetteur de gaz à effet de serre avec 30 % des émissions de CO2, le principal émetteur d’oxyde d’azote (plus de 60 %) et une importante source d’émissions de particules fines (20 à 25 %).

Si globalement la qualité de l’air s’améliore dans la région, selon Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, certains indicateurs, comme celui de l’ozone, sont très inquiétants (Le Progrès,10/06/2020). A tel point que le préfet demande une étude complémentaire. En effet, 2019 a été une « année noire ». Alors que 2,66 millions d’Auvergnats et Rhônalpins avaient été exposés en 2018 à l’ozone au-delà du seuil réglementaire, ils ont été 4,34 millions en 2019. Soit la moitié de la population de la région. Le Rhône (584 200 habitants) est le plus exposé, avec l’Isère (1,2 millions) et la Haute-Savoie (720 800). La Métropole de Lyon a vu le nombre d’exposés passer de 48 000 en 2018 à 378 400 en 2019.

Le Grenelle de l’environnement (septembre-décembre 2007) ambitionnait de réduire l’utilisation de pesticides de 50 % d’ici à 2018. Mais la hausse a été de 5 à 9 % chaque année.

Autre source de pollution de l’air, les pesticides utilisés en agriculture contribuent aussi grandement au développement des cancers responsables des décès prématurés. Atmo France, qui fédère le réseau national des Associations de surveillance de la qualité de l’air, mesure régulièrement l’évolution de ces risques évitables pour la santé humaine. ATMO considère dans ses rapports réguliers que les pesticides perturbateurs endocriniens (PE), cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) sont bien présents dans l’air en France. En 2017, plus du quart (27,55%) des quantifications de pesticides dans l’air était le fait de pesticides classés CMR 1 (effets avérés ou effets présumés) ou 2 (effets suspectés) selon l’UE. Cela concerne 28,84% des 52 substances actives retrouvées en tout au moins une fois. Plus de la moitié (56,33%) des quantifications de pesticides dans l’air en 2017 était le fait de pesticides suspectés perturbateur endocrinien. Cela concerne 61,53% des 52 substances actives retrouvées en tout au moins une fois.

Dans une analyse France entière, trois quantifications de pesticides dans l’air sur 10 (29,94%) étaient le fait de pesticides classés CMR 1 ou 2 selon l’UE. Cela concerne 33,65% des 104 substance actives retrouvées en tout au moins une fois. Plus des 2/3 (68,86%) des quantifications de pesticides dans l’air dans cette analyse ‘France entière’ étaient le fait de pesticides suspectés perturbateur endocrinien selon la base TEDX ! Cela concerne 66,34% des 104 substances actives retrouvées en tout au moins une fois.

« Ces résultats témoignent du fait que l’air est une voie d’exposition réelle des populations à des pesticides PE et/ou CMR. Ceci est particulièrement préoccupant pour les groupes vulnérables que sont les riverains des zones cultivées, particulièrement exposés. La présence fréquente de substances actives PE parmi les résidus de pesticides quantifiés dans l’air est particulièrement préoccupante car pour ces substances c’est plus la période d’exposition qui fait le risque que le niveau d’exposition, et donc même des quantités faibles de pesticides PE dans l’air peuvent avoir potentiellement des effets néfastes si l’exposition a lieu à des périodes spécifiques de la vie (fenêtres de sensibilité). » Déclarait François Veillerette, directeur de Générations Futures (18/02/2020).

Évidemment les expositions toxiques au travail ne sont pas prises en compte, rarement sont mesurés les dépassement de seuils de toxicité dans les entreprises. Pourtant, lorsque les mesures sont réalisées, des surprises apparaissent. Les normes applicables vont différer selon qu’on se situe dans le champ de la santé publique et environnementale ou dans celui de la santé au travail. Les représentants syndicaux de la RATP ont exprimé leur étonnement lorsqu’ils se sont vu opposer le seuil légal de 5 mg/m³ (soit 5 000µm) auxquels les agents pourraient être exposés pendant 8 heures. Alors que les « valeurs guides » de l’OMS recommandent de ne pas dépasser plus de trois jours par an des taux de 50 µm/m³ pour des PM10 et de 25 µm pour les PM2,5 (Santé&Travail, octobre 2019) Les risques autorisés en santé au travail sont 100 fois plus élevés qu’en santé publique !

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