Laxisme des autorités, complaisance des élus, facture salée pour le contribuable… La pollution !

Alors qu’à Paris, le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a démissionné pour alerter sur l’état de la planète, partout en France, des citoyens et des militants se battent pour leur santé et leur environnement. Des Bouches-du-Rhône au Havre, ils dénoncent les pratiques d’industriels peu prompts à prendre en compte les impératifs sanitaires et environnementaux.

A Bouc-Bel-Air, près de Marseille, une pollution a chassé l’autre. Les boues rouges de l’usine Alteo, longtemps déversées en mer, sont désormais stockées sur terre et atterrissent régulièrement chez les riverains portées par les coups de vent. Préserver la planète ou les emplois ? Les populations locales doivent aussi affronter l’inertie de certains élus, voire l’omerta des pouvoirs publics qui font le choix de préserver un bassin d’emplois. C’est le cas à Lacq, où l’affaire Sanofi a défrayé la chronique durant l’été 2018 pour des taux de rejets de matières dangereuses 190 000 supérieurs aux seuils autorisés. A Fos-sur-Mer, citoyens, élus et chercheurs locaux se sont mobilisés pour pallier les carences de l’Etat et produire leurs propres études scientifiques qui démontrent les conséquences de cette pollution industrielle massive sur la santé des riverains. Enfin, au Havre, un industriel censé dépolluer a au contraire pollué sans vergogne. Cette affaire concentre à elle seule tous les dysfonctionnements : le laxisme des autorités, la complaisance des élus locaux, une facture salée pour le contribuable et, au final, une pollution dont nul ne sait que faire…

Après la diffusion de cette enquête, Virna Sacchi reçoit Isabelle Autissier, présidente du WWF France, navigatrice, ainsi que Delphine Batho, présidente de Génération Ecologie, ancienne ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, et députée des Deux-Sèvres.

Source : « Pièces à conviction » https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-3/pieces-a-conviction/pieces-a-conviction-du-mercredi-3-octobre-2018_2938537.html

Démolition de l'usineLa lutte contre la pollution et ses sources, comme les actions pour la prévention sur les lieux de travail et d’habitations, ou la reconnaissance des maladies professionnelles ne s’opposent pas à la défense des emplois industriels. Ce n’est pas « l’emploi ou la santé », mais « l’emploi industriel et la santé » ! La lutte est axée sur l’application de la législation protectrice de la santé des travailleurs et de leurs famille. Pour la prévention sur les lieux de travail, comme des habitations. Evidemment cela devrait coûter aux pollueurs. Le principe du « pollueur-payeur » n’est-il pas énoncé par l’article L 110-1 du Code de l’Environnement selon lequel les frais résultant des mesures de prévention, de réduction et de lutte de la pollution doivent être pris en charge par le pollueur. Le principe pollueur-payeur a été adopté par l’OCDE en 1972, en tant que principe économique visant l’imputation des coûts associés à la lutte contre la pollution. Ce principe est un des principes essentiels qui fondent les politiques environnementales dans les pays développés. Cependant, pour l’instant, le principe reste appliqué en France par exemple avec les taxes sur l’assainissement de l’eau ou la taxe des ordures ménagères. Les industriels, comme BSN-Danone ont pu fermer l’usine l’usine de Givors – alors que les problèmes de santé n’étaient pas encore posés – lever le camp, embarquer les profits accumulés, aller planter leurs affaires en Chine ou ailleurs et laisser les sols pollués à la charge du contribuable, les ouvriers et leur famille malades à la charge de la Sécurité sociale.