Les 15 et 16 avril, un incendie ravageait Notre-Dame de Paris. La dépollution du parvis de la cathédrale et des rues adjacentes débutera le 7 août, conformément à une promesse de la préfecture de police. Le chantier suspendu fin juillet, doit en effet reprendre progressivement à partir de la semaine du 12 août avec l’arrivée de nouvelles mesures de protection pour les salariés potentiellement exposés au plomb, avait fait savoir la préfecture d’Île-de-France, le 2 août. Des mesures ont également été prises pour le personnel de la Ville. À ce jour, la prescription d’un bilan sanguin concerne 145 agents. Des mesures aux domiciles des assistantes maternelles de la ville ont été réalisées. Tous les habitants du périmètre défini par l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France vont être invités à réaliser une plombémie.

C’est que les risques de contaminations au plomb (Notre-Dame en comportait 300 à 500 tonnes qui sont parties en fumées) sont sérieux pour les salariés intervenant sur le site sinistré, les populations alentours et les touristes. Le tableau n°1 (créé en 1919) des maladies professionnelles reconnues par la Sécurité sociale note que l’insuffisance rénale est une maladie relativement fréquente dans le saturnisme et figure dans la liste des affections dues au plomb et à ses composés. Anémie, syndrome douloureux abdominal (coliques et diarrhées, crampes), syndromes infectieux et parasitaires, néphropathies, encéphalopathies, neuropathie, syndrome biologique relèvent des risques reconnus d’origine professionnelle. Les dangers du plomb sont connus depuis 1850.

L’adjointe à la mairie de Paris chargée de la Santé, a annoncé que la cour de l’école rue Saint-Benoît, située dans le 6e arrondissement de Paris, sera entièrement refaite et que la rentrée pourra se faire sans « aucune ombre au tableau ». Une courette de l’école élémentaire de la rue Saint André des Arts (6e) qui présente un taux de contamination supérieur à 1 000 microgrammes/m², fera aussi l’objet d’un traitement spécifique avant réouverture en cours de définition, précise la Ville de Paris. Dans l’école élémentaire de la rue de Verneuil (7e) pour trois points de prélèvements en extérieur, les niveaux mesurés sont supérieurs au taux 1 000 microgrammes/m². Ils feront l’objet d’un traitement d’ici la réouverture de l’école.

Incendie de Notre-Dame à Paris. Vue depuis le ministère de la recherche.

Il a fallu plus de trois mois aux autorités pour prendre la mesure des risques… Il a surtout fallu que dès les premiers jours des associations se mobilisent et alertent sur les risques liés au plomb, malgré les dénégations officielles. Depuis l’incendie des 15 et 16 avril, qui a ravagé l’édifice, des taux de concentration importants de plomb, auxquels les enfants sont particulièrement exposés, ont été relevés aux alentours de la cathédrale. L’association Robin des Bois a porté plainte contre X, accusant les autorités d’avoir tardé à réagir et d’avoir manqué de transparence. Le collectif de syndicats CGT et d’associations a demandé le « confinement total du site » de Notre-Dame de Paris. La mairie de Paris assure que la dépollution permettra de mieux appréhender la réouverture du chantier de la cathédrale et de mieux protéger les habitants et les touristes : « Il ne faut pas confiner mais dépolluer ». Les associations et syndicats considèrent qu’il faut confiner et dépolluer. Confiner parce que les travaux prévus pour plusieurs années vont continuer d’émettre dans l’atmosphère des particules de plomb.

Dès le 30 avril, l’association Henri-Pezerat tirait la sonnette d’alarme : « Avant même la reconstruction l’urgence est d’organiser le suivi médical des personnes déjà contaminées, et d’éviter une catastrophe sanitaire consécutive à cet incendie, analogue à celle du World Trade Center ».[…] « A l’évidence, toute intervention sur le site doit être menée dans les conditions d’un chantier contaminé par le plomb et un suivi médical continu et gratuit des travailleurs concernés doit être organisé. Nous demandons qu’une structure publique dédiée au suivi médical des personnes exposées soit créée à Paris. Cette structure pilote, dédiée dans un premier temps aux victimes de l’incendie de Notre Dame, devrait pouvoir faire école en région et permettre enfin l’accès au droit au suivi post-exposition et post-professionnel, inscrit dans la loi française pour les personnes victimes d’exposition à des substances toxiques. »

Sources : www.francetvinfo.fr/; www.asso-henri-pezerat.org/

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