Suite à la pollution au plomb générée par l’incendie de Notre-Dame, deux centres de loisirs, situés dans deux écoles du 6e arrondissement de Paris ont été fermés. Huit écoles font l’objet de prélèvements et de mesures de nettoyage sévère. Après trois mois de déni du risque de la part des autorités, des mesures sont enfin prises. Un risque sérieux pour la santé enfin confirmé !

Ces décisions de fermetures de centres de loisirs et de nettoyage sévère d’espaces scolaires ont été prises par mesure de précaution, en raison d’une concentration de poussières de plomb supérieure à 5 000 μg/m² (microgrammes au mètre carré). Valeur identifiée par l’ARS comme représentant le « bruit de fond » parisien, précise la Ville de Paris. Les prélèvements, effectués dans la cour de l’école ont mis en évidence ce seuil de danger. « Les niveaux mesurés à l’intérieur des locaux sont inférieurs au seuil de référence », précise la ville. « Un nettoyage complet et approfondi de la cour des deux écoles ainsi que des prélèvements ont été réalisés aujourd’hui. Les résultats sont supérieurs à 1 000 µg/m² mais sont cependant inférieurs à 5 000µg/m² », ajoute la Ville de Paris.

Incendie de Notre-Dame à Paris. Vue depuis le ministère de la recherche.

Désormais, les risques sont pris au sérieux. Car l’Agence régionale de santé (ARS) recommande de poursuivre le nettoyage des cours de récréation des écoles Saint-Benoît « jusqu’à atteindre des niveaux inférieurs à 1 000 µg/m² », seuil de précaution. La mairie va dépêcher des services plus spécialisés pour nettoyer la cour et refaire des prélèvements, explique le maire du 6e arrondissement. Selon lui, les deux écoles resteront fermées toute la semaine prochaine.

La Ville précise que, conformément aux recommandations de l’ARS, des mesures sont effectuées « dans les établissements situés à plus de 500 mètres de Notre-Dame, dans un périmètre de 300 mètres autour des points mesurés à plus de 5 000 µg/m² dans les espaces extérieurs ». Ce qui souligne déjà l’ampleur de la pollution au plomb au lendemain de l’incendie de Notre-Dame, bien au-delà de l’environnement immédiat du monument. Huit écoles sont concernées par ces mesures de salubrité publique.

Cette information attire une fois de plus l’attention sur le laxisme des autorités lorsqu’il s’agit de la santé des populations. Dès les premiers jours ayant suivi l’incendie, l’association des Familles Victimes du Saturnisme (AFVS) a lancé l’alerte pour que l’information concernant la contamination par les poussières de plomb soit largement diffusée, en particulier aux intervenants (pompiers, ouvriers chargés de la mise en sécurité, personnels de la cathédrale, commerçants et riverains) et que les précautions soit prises pour prévenir les conséquences d’une contamination extensive. Le 29 avril 2019, un bref communiqué émanant de la préfecture prenait acte de la pollution au plomb due à l’incendie (soit 2 semaines plus tard) et l’AFVS renouvelait et approfondissait son alerte.

Le 30 avril, l’Association Henri-Pezerat déclarait : « Avant même la reconstruction l’urgence est d’organiser le suivi médical des personnes déjà contaminées, et d’éviter une catastrophe sanitaire consécutive à cet incendie, analogue à celle du World Trade Center ». Et de rappeler que lors des incendies du World Trade Center à New York en septembre 2001, les autorités sanitaires américaines n’avaient pas non plus jugé utile de lancer l’alerte sur les risques de contamination par l’amiante, le plomb et les substances chimiques toxiques qui se sont alors répandus sur le site et bien au delà. Les conséquences en ont été catastrophiques, en particulier pour les pompiers, les travailleurs impliqués dans la déconstruction, ou ceux dont l’activité se situaient dans le périmètre contaminé.

Des études récentes, notamment celles des chercheurs de l’hôpital Mont-Sinaï à New York, continuent de montrer la persistance des problèmes de santé physique et mentale vécus par les intervenants et les bénévoles du 11 septembre 2001. Parmi les problèmes rencontrés par les intervenants, mentionnons : les problèmes des voies respiratoires supérieures et inférieures et les problèmes gastro-intestinaux, les troubles musculo-squelettiques, les problèmes de santé mentale, ainsi que divers types de cancer. Ces études ont renforcé le fait déjà admis, de la nécessité de soins médicaux continus et d’un suivi à long terme.

L’Association demandait qu’un suivi médical cohérent et gratuit soit organisé pour les pompiers, tous les travailleurs et intervenants, ainsi que pour les enfants et les femmes enceintes qui ont pu respirer la fumée toxique, au moment de l’incendie et après. Elle ne pouvait accepter qu’il ait fallu plusieurs alertes associatives avant que les autorités sanitaires réagissent. Mais il ne suffit pas de renvoyer chacun à son médecin traitant, car nombre des médecins n’ont reçu aucune formation concernant ce type de risque sanitaire.

Sources : https://www.asso-henri-pezerat.org/; https://www.francetvinfo.fr/

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