Les nanomatériaux parmi les dix principaux risques sanitaires émergents sur les lieux de travail.

De la pharmacie aux télécommunications, de l’aéronautique à l’agroalimentaire, de nombreux secteurs industriels fabriquent ou utilisent des nanomatériaux. L’émergence de ces nouveaux matériaux pose la question des risques encourus lors de l’exposition professionnelle.

En 2016, environ 425 000 tonnes de nanomatériaux manufacturés ont été mises sur le marché en France par plus de 1 400 entreprises françaises et étrangères. Ces matériaux constituent une nouvelle famille d’agents chimiques aux caractéristiques et propriétés variées (composition, taille, forme, structure…).

De nombreuses situations de travail peuvent exposer les salariés à des nanomatériaux : Transfert, échantillonnage, pesée, mise en suspension et incorporation de nanopoudres dans une matrice minérale ou organique. Transvasement, agitation, mélange et séchage d’une suspension liquide contenant des nano-objets. Usinage de nanocomposites : découpe, polissage, ponçage… conditionnement, stockage et transport des produits. Nettoyage, entretien et maintenance des équipements et des locaux : nettoyage d’une paillasse, changement de filtres usagés… Collecte, conditionnement, entreposage et transport des déchets. Fonctionnements dégradés ou incidents : fuite d’un réacteur ou d’un système clos.

Wikipedia – Types d’exposition et de maladies associées, telles que suspectées à la suite des études épidémiologiques et études in vitro disponibles 3

La forme nano est par principe différente de la forme ancienne, puisque les particules sont de taille nanométrique (un millionième de millimètre). On les trouve dans l’alimentation (la nano-silice, additif alimentaire E551 utilisé pour empêcher les grains de sel, de sucre ou d’épice de s’agglomérer), les textiles ( le nano-argent pour détruire les mauvaises odeurs dans les chaussettes), les cosmétiques (le nano-oxyde de titane comme crème solaire). De plus en plus de données animales montrent que sous la forme nano ces substances se dispersent dans tout l’organisme et engendrent un effet de stress oxydant et d’inflammation, mécanismes impliqués dans le cancer.

Dangers potentiels pour la santé. L’appareil respiratoire constitue la voie principale de pénétration des nano-objets dans l’organisme humain. Ils peuvent également se retrouver dans le système gastro-intestinal après avoir été ingérés ou après déglutition lorsqu’ils ont été inhalés. La pénétration à travers la peau des nano-objets est une hypothèse encore à l’étude. Compte tenu de leur taille, les nano-objets inhalés ou ingérés seraient capables de franchir les barrières biologiques (nasale, bronchique, alvéolaire…) et de migrer vers différents sites de l’organisme via le sang et la lymphe (processus de translocation).

Les connaissances sur la toxicité pour l’homme des nanomatériaux ainsi que sur les expositions en milieu professionnel demeurent parcellaires. À ce titre, les nanomatériaux sont considérés comme l’un des dix principaux risques sanitaires émergents sur les lieux de travail. Les fiches de données de sécurité (FDS) pourraient jouer un rôle majeur mais les producteurs de nanomatériaux n’ont aucune obligation de les produire pour les nanoparticules. Ces fiches existent pour les substances chimiques et sont des documents essentiels pour permettre aux travailleurs de manipuler en sécurité des substances sur le lieu de travail en étant informés des risques possibles.

Les nanomatériaux étant des produits chimiques, les règles générales de prévention du risque chimique définies dans le Code du travail s’appliquent notamment en matière de substitution, de protection collective (ventilation, filtration), de protection individuelle (protection respiratoire et/ou cutanée), de formation et d’information des salariés, ou de suivi médical.

Sources: www.inrs.fr/header/presse/cp-nanomateriaux.html ; Les risques du travail, La Découverte, Paris, avril 2015

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