« Ils jouent la montre, ce qui leur permet de continuer à écouler leurs produits. Ils disent qu’à force, les victimes vont abandonner ».

Paul François, céréalier de Bernac (Charente), intoxiqué en avril 2004 après avoir inhalé des vapeurs de Lasso, un herbicide de Monsanto, affronte à nouveau la firme américaine devant la Cour d’appel de Lyon, ce mercredi 6 février. Après plusieurs malaises, M. François avait été longuement hospitalisé, échappant à la mort. Il souffre toujours de graves troubles neurologiques. Il avait obtenu gain de cause en première instance et en appel. La firme américaine s’était ensuite pourvu en cassation et l’affaire a été de nouveau renvoyée devant la cour d’appel. Sa bataille judiciaire visant à faire reconnaître la responsabilité de la firme dans son intoxication à un herbicide, se poursuit pour un quatrième procès contre Monsanto, filiale du groupe allemand Bayer depuis 2018.

Le Lasso, herbicide à l’origine de la maladie reconnue en maladie professionnelle pour Paul François, a été jugé dangereux et retiré du marché au Canada dès 1985, puis en 1992 en Belgique et au Royaume-Uni. Mais interdit en France seulement depuis novembre 2007. La France est toujours à la traîne quand il s’agit de la protection des travailleurs, comme le montre le débat actuel et la valse- hésitation du gouvernement et du parlement, sur le Glyphosate.

Son mal reconnu comme maladie professionnelle, Paul François se déclare « déterminé plus que jamais, très serein car Monsanto n’a pas apporté d’éléments nouveaux, tout en restant prudent car les juges décideront en leur âme et conscience ». Sans pour autant sous-estimer la stratégie de Monsanto : « Ils dénigrent nos arguments apportés par les scientifiques, qui travaillent bénévolement pour nous, sans démontrer le contraire scientifiquement ». La stratégie de la firme américaine est connue et rodée : « Ils jouent la montre, ce qui leur permet de continuer à écouler leurs produits. Ils disent qu’à force, les victimes vont abandonner ».

L’avocat du céréalier, Me François Lafforgue attend de ce procès « que la responsabilité de Monsanto soit définitivement retenue et que la cour fixe l’indemnisation », pour laquelle il réclame plus de un million d’euros.

at vel, quis commodo ultricies felis id commodo