Les industriels pollueurs traînés en justice.

Dans le diagnostic local de santé de la population givordine réalisée en 2015 par l’Observatoire Régional de Santé (ORS) apparaissait un état sanitaire plus dégradé que la moyenne des habitants du département et de la région http://www.ors-rhone-alpes.org/pdf/DLS_Givors.pdf. Le site Internet des verriers avait montré en février 2017 que c’était un lieu commun de toutes les cités ouvrières de la banlieue lyonnaise et informait d’une initiative semblable dans les Bouches-du-Rhône : Une étude participative financée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), FOS Epseal a été menée par une équipe de recherche franco-américaine et pluridisciplinaire (sociologie, épidémiologie, biostatistiques, anthropologie) sur deux villes Fos-sur-Mer et à Port-Saint-Louis-du-Rhône où vivent 24 000 personnes. L‘environnement chimique y est connu : dépôts pétroliers, usines pétrochimiques et de traitement de déchets, oléoducs et autres canaux, un front industriel né dans les années 1960. http://www.verriers-givors.com/le-dossier/environnement-industriel-et-maladies/

Aujourd’hui, des habitants, de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, regroupés en association, vont porter plainte contre X pour « mise en danger de la vie d’autrui », révèle France Inter, lundi 12 février https://www.franceinter.fr/societe/fos-sur-mer-les-habitants-portent-plainte-contre-les-usines-polluantes. Le golfe de Fos est l’une des plus grandes zones industrielles d’Europe. Ces dernières années, plusieurs études ont démontré que les rejets massifs de ces industries dans l’atmosphère avaient une conséquence sur la santé des habitants. Dans la ville portuaire, il y a deux fois plus de cancers, d’asthme et de diabète qu’ailleurs en France, indique l’enquête Fos Epseal publiée il y a un an.

Une étude récente montre que les aliments produits localement contiennent des traces de polluants bien supérieurs aux seuils légaux. Entre 2009 et 2015, l’association de défense du golfe de Fos a prélevé chaque année un échantillon de produits locaux : viande de taureau, viande de mouton, fromage de chèvre, œufs de poule, poissons, moules. Du côté des végétaux, des prélèvements ont été faits dans du foin et de l’huile d’olive. Ces échantillons ont été envoyés à deux laboratoires distincts. Les résultats sont édifiants. « On trouve dioxine, furane, métaux lourds, perturbateurs endocriniens, toute la panoplie des poussières qui s’en vont de nos industries », explique Daniel Moutet. Le président de l’association du golfe de Fos poursuit en rapportant qu’« il y a des normes au niveau de la France, il y a des normes au niveau de l’Europe et on les dépasse ».

L’association a donc décidé de porter plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, mais elle va également déposer une série de plaintes contre les industriels du secteur pour « troubles anormaux du voisinage ». Les entreprises Arcelor Mittal et Esso sont notamment visées. « On sait que des gens sont atteints de pathologies dues à ces émissions polluantes et importantes. Il y a évidemment des préjudices matériels en lien direct avec cette pollution industrielle », déclare maître Julie Andreu, l’avocate de l’association.