Les initiatives locales se multiplient pour rassembler, informer et favoriser l’action des victimes de maladies d’origine professionnelle. Vendredi 17 mai, l’Union Locale CGT de Condé en Normandie a réuni ses adhérents pour rappeler l’importance de se renseigner sur les maladies professionnelles. Didier Payen, ancien salarié de Ferodo-Valeo et membre de la CGT depuis le début des investigations de l’organisation syndicale sur l’amiante, en 1991, a rappelé à ses camarades l’importance de continuer à se demander si on est atteint d’une maladie professionnelle. « En 25 ans de lutte, on a fait d’énormes avancées, mais nos études de terrain montrent que des personnes qui sont victimes de maladies professionnelles ne le déclarent pas. Cela représente 30 % à Condé. » https://actu.fr/normandie/conde-en-normandie_14174/

Une méconnaissance confirmée par Maître Cécile Labrunie du cabinet d’avocat TTLA, citant l’un des derniers rapports du Fonds d’Indemnisations des Victimes de l’Amiante (FIVA) qui note une explosion des cas de mésothéliome, le seul cancer qui est lié à 99% à une exposition à l’amiante.

L’avocate devait rappeler qu’en cas de cancer, il faut que le malade s’assure que cela n’est pas consécutif à une exposition professionnelle. « Lorsqu’un médecin établit un diagnostic, dans la liste des antécédents il faudrait évoquer le parcours professionnel, au même titre que l’alcool ou le tabac. » En effet, combien de médecin de famille négligent de poser la question du parcours professionnel avant d’établir son diagnostic ? Le malade doit lui rappeler systématiquement cette donnée majeure.

A Lorient, le 17 mai, Annie Thébaud-Mony (à gauche), François Lafforgue (3e à gauche)

À Lorient le 17 mai, plusieurs collectifs sont accompagnés de l’avocat François Lafforgue pour obtenir la reconnaissance des cancers des dockers en maladie professionnelle. Une étude menée en 2014 a révélé, après enquête auprès de 250 dockers, qu’il y avait dans cette profession une plus grande fréquence des cancers (vessie et reins), et qu’ils survenaient avec précocité. Partant de ce constat, Annie Thébaud-Mony directrice de recherches à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et qui dirige le groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle (Giscop93), avait lancé un travail de recherche. Elle peut rappeler : « Nous avons été saisis dans un premier temps par l’association pour la protection de la santé des travailleurs des métiers portuaires, à Saint-Nazaire. »

L’enquête financée par le conseil départemental de Loire-Atlantique a révélé une surexposition des dockers à des produits cancérigènes dans le cadre de leur travail : « Pesticide, échappement de diesel, soja hyper-traité aux pesticides, bateaux calorifugés à l’amiante, bois traités au formaldéhyde souligne Annie Thébaud-Mony. Nous avons reconstitué les carrières de 1 200 personnes. Ce sont 85 % des patients qui ont été lourdement exposés. Nous pensons qu’il y a une injustice criante de ne pas reconnaître ces cancers comme maladies professionnelles. » Source : Delphine Landay, https://www.ouest-france.fr/bretagne/morbihan/.

Les mobilisations se multiplient à travers le pays afin que soit mis fin à l’invisbilité des maladies d’origine professionnelle, pour que les victimes soient reconnues et indemnisées, pour que les délinquants industriels soient poursuivis et que des mesures de protection des salariés soient enfin prises sur les lieux de travail. Les verriers de Givors en partenariat avec des chercheurs lyonnais de Sciences-Po et des laboratoires d’universités organisent les 14 et 15 novembre un colloque sur le sujet : « Du travail au lieu de vie. Quelles mobilisations contre les risques professionnels et les atteintes à l’environnement ? » afin de participer à la mise en évidence ce combat dans la « Vallée de la chimie », pour la protection des travailleurs et des populations exposées.

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