« L’industrie de la chimie souffre d’une image négative. Un accident comme celui de Lubrizol fait beaucoup de tort et est extrêmement difficile à compenser dans l’esprit des gens », avoue le président de France chimie environnement Auvergne-Rhône-Alpes dans le Progrès du 30 octobre. Passant l’éponge sur la réalité, valorisant outre mesure l’apport écologique de la chimie et rejetant les risques environnementaux… sur le transport et le chauffage, il n’hésite pas à sublimer la Plateforme de Roussillon comme « un modèle au niveau européen en matière environnementale ».

La réalité est bien plus prosaïque, en matière environnementale on a connu beaucoup mieux. Santé Publique France a publié dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 11 juin 2019 un article intitulé Cancers autour de la plateforme chimique de Roussillon (Isère) qui nous éclaire et confirme totalement les raisons du combat mené par les travailleurs de la plateforme depuis des années : 95 % des cancers de la plèvre sont attribués aux expositions à l’amiante sur la plateforme chimique ! « Parmi les 19 cas ayant bénéficié d’une enquête standard, 18 ont été exposés professionnellement à l’amiante de façon probable ou très probable. Parmi ces 18 cas, 17 ont déclaré avoir été exposés dans une entreprise de la plateforme chimique de Roussillon et un cas a été exposé dans une autre entreprise située à quelques kilomètres. »

L’étude observe en outre, sur la période 2003-2013, que le nombre de nouveaux cas de cancer (quel que soit le type) parmi les habitants des six communes (Saint-Maurice-l’Exil, Roussillon, Le Péage-de-Roussillon, Salaise-sur-Sanne, Sablons et Chanas totalisant 28 115 habitants) a été de 1 910, dont 1 123 chez l’homme et 787 chez la femme. Sur cette même période, 848 personnes (525 hommes et 323 femmes) domiciliées dans une de ces communes sont décédées d’un cancer.

Les données publiées montrent que pour ces six communes, pour la période de 2003 à 2013, on enregistre 1 910 nouveaux cas de cancers (6,8 % de la population), comparativement sur l’ensemble du département de l’Isère ce taux est à 5,9 %. Le nombre de décès par cancers pour cette même période est de 848 dans ces mêmes communes (3,0 % de la population), alors que pour l’ensemble de l’Isère ce taux est de 2,5 %. Ceci souligne que ce territoire industriel est considérablement marqué par les risques cancérigènes. Cette avancée de la connaissance sur les risques industriels majeurs aux postes de travail et dans la population confirme la justesse de la lutte menée par les travailleurs de la chimie depuis de nombreuses années, malgré les obstructions du patronat, du gouvernement et des services de santé. Elle montre surtout qu’en matière environnementale on peut faire beaucoup mieux.

Ne croyons pas sur parole les laudateurs de l’industrie chimique. Ces questions des risques environnementaux au travail et au domicile, et des moyens de lutte pour faire respecter la santé, seront au centre des travaux du colloque, organisé à Givors les 14 et 15 novembre prochain par l’association des anciens verriers, en partenariat avec Sciences-Po Lyon et nombre de chercheurs. Pour connaître l’organisation des travaux, http://www.vive-fr.org/s’inscrire pour participer à un atelier, venir témoigner, un site Internet dédié a été créé : https://givors.sciencesconf.org/

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