L’usine métallurgique Ascometal de Leffrinckoucke près de Dunkerque reconnue site amianté.

Le tribunal administratif de Lille a reconnu jeudi comme site amianté l’usine métallurgique Ascometal de Leffrinckoucke, près de Dunkerque, ouvrant la voie à une allocation pour les salariés concernés qui attendaient cette décision depuis près de 20 ans.

Le tribunal « annule le refus du ministre du Travail d’inscrire l’usine Ascometal des Dunes sur la liste des établissements ouvrant droit au bénéfice de l’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante », et l’« enjoint à l’inscrire sur cette liste », a-t-il annoncé dans un communiqué. C’est désormais à l’administration d’exécuter cette décision, qui « permettra aux salariés ayant travaillé à l’usine entre 1966 et 1985 de bénéficier de l’allocation des travailleurs de l’amiante », ajoute le communiqué sans en préciser le nombre. Pendant cette période, l’usine Ascometal avait utilisé l’amiante à des fins d’isolation thermique des fours « de façon significative », exposant ainsi les salariés aux risques liés aux poussières d’amiante.

« C’est une grande victoire, cela prouve qu’on avait raison », a réagi Claude Tange, président fondateur de l’association de défense des victimes de l’amiante de la sidérurgie de l’usine des Dunes, créée en 2000 et qui compte aujourd’hui 600 adhérents. « Cela fait 19 ans qu’on se bat, c’est la cinquième procédure qu’on a engagée. On a eu plus de 160 décès dus à l’amiante », a-t-il rappelé. Selon lui, l’usine compte aujourd’hui 300 salariés, contre quelque 3.200 sur la période concernée.

L’allocation des travailleurs de l’amiante (ATA), créée en 1998, permet aux salariés ayant été exposés aux risques de l’amiante de cesser leur activité de manière anticipée et de bénéficier d’une allocation versée par l’État, qui correspond à 65 % du salaire brut.

Pour la CAVAM (Coordination des Associations des Victimes de l’Amiante et de Maladies Professionnelles), ce n’est que justice. Tous les salariés exposés devraient avoir accès aux mêmes droits. Et puis, après 20 ans de luttes à réclamer ses droits, ce n’est vraiment pas un cadeau. Bravo à l’association pour son opiniâtreté.

Source : http://www.amiantemaladieprofessionnelle.com / AFP

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