« La nécessité de traiter la question des inégalités a rapidement montré les limites du recours aux seules méthodes d’ERS appliquées dans le cadre des activités industrielles futures. Prévenir ou réduire les effets sanitaires dans une zone de surexposition des populations nécessite de considérer aussi les activités passées (sites et sols pollués) et présentes (fonctionnement normal d’une installation et fonctionnement dégradé, en cas d’accident). Par ailleurs, il convient de mettre davantage l’exposition aux polluants en relation avec un espace géographique : il est indispensable, au-delà de l’échelle d’une installation, d’élargir la démarche à plusieurs installations voisines, voire à un territoire donné. C’est en ce sens que se sont récemment développées les méthodes pour la réalisation d’« études de zone », initiatives régionales adoptant une démarche globale d’évaluation du cumul des expositions subies par les populations dans une zone donnée. » (www.ineris.fr/)

Le schéma oublie simplement les premiers exposés, les travailleurs à leur poste de travail…

Serait-ce le début d’une réflexion pour réorienter les recherches et analyses sur les risques environnementaux de ce pays ? Mais à voir le schéma ci-dessous on constate qu’il y a encore du chemin à faire. Il se trouve encore conforme à celui qui sert d’orientation à la grande campagne de communication engagée sur les « risques industriels majeurs ». On « informe » la population… Mais avant de s’échapper par la cheminée ou les égouts la pollution de la production commence par détériorer la santé des salariés sur le lieu de production, dès le poste de travail. Le scandale de l’amiante a commencé à naître sur les lieux de production, avant de se révéler dans les établissements scolaires et les habitations.

Selon le Diagnostic local de santé, réalisé en 2016 par l’Observatoire régional de santé, pour la ville de Givors, le taux de mortalité prématurée (avant 65 ans) est supérieur à celui de Rhône-Alpes. Les tumeurs et maladies de l’appareil respiratoire y constituent la cause principale des décès pour les hommes et les femmes. C’est une triste particularité que Givors partage avec les autres villes ouvrières de l’agglomération lyonnaise Saint-Fons, Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Pierre-Bénite, Décines etc. Il ne suffit pas de parler d’« inégalités environnementales », faut-il encore les analyser, rechercher les causes, les prendre en compte et y apporter remède. Les verriers se souviennent de la lamentable reculade de la représentante de la CIRE (Cellule interrégionale d’études épidémiologiques) lorsqu’ils présentèrent officiellement en octobre 2009 leur étude sur les causes des maladies professionnelles qui emportent nombre d’entre-eux : ce n’était pas une étude scientifique. Mais elle n’en proposa pas une pour autant !

Préciser que « Les inégalités environnementales, une priorité de l’Ineris depuis 2011 […] acteur de l’ensemble des actions du PNSE3 relatives à la caractérisation des inégalités environnementales et à la diffusion des données d’exposition » laisse dubitatif après le bilan révélé par www.lemonde.fr sur « les raté du plan santé environnement ».

« En France, il arrive que la discrétion soit la contrepartie de la liberté. Rendus en décembre 2018 et publiés quatre mois plus tard sans tambour ni trompette, deux rapports – l’un de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS), l’autre du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) – dressent chacun un bilan accablant du troisième plan national santé-environnement (PNSE), en vigueur entre début 2015 et fin 2019. Ces évaluations seront examinées, mardi 9 juillet, pour l’élaboration du futur quatrième PNSE, dit-on à la direction générale de la santé. » Passés inaperçus lors de leur publication, les deux rapports concluent en substance que le PNSE en vigueur n’a eu « aucun impact sanitaire positif mesurable », précise Le Monde. L’épidémiologiste William Dab, professeur au Conservatoire national des arts et métiers et ancien directeur général de la santé, estime même qu’« il est très rare que, sur un sujet aussi important que l’impact de l’environnement sur la santé, une politique publique se situe à un tel niveau de défaillance. »

Sources : www.ineris.fr/; www.lemonde.fr/ 08/07/19

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