Une enquête menée en 2016 sur un tiers du parc scolaire français, montre que la fibre mortelle est encore présente dans 80 % des lycées professionnels, 77 % des lycées généraux et technologiques, 73 % des collèges et 38 % des écoles. Beaucoup de ces lieux d’enseignement construits dans les années 1960-1970. L’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement pouvait considérer en 2016 : « 85% des établissements sont concernés par le dossier technique amiante car le permis de construire d’au moins un de leurs bâtiments est antérieur au premier juillet 1997 ».

Interdit en France depuis 1997, l’amiante n’a pourtant pas disparu de nos écoles, collèges et lycées, comme le montrent ces données. La dangerosité de ces fibres invisibles et inodores ne diminue pas avec le temps. Avec le vieillissement du bâti, et les travaux qui tardent parfois, le risque d’une exposition des élèves et de l’ensemble du personnel est plus élevé que par le passé. Ce problème n’est pas suffisamment pris aux sérieux. Tous les établissements, dont un des bâtiments date d’avant juillet 1997, devraient légalement avoir un Dossier Technique Amiante (DTA) indiquant où il y a de l’amiante et dans quel état ; or 30% des écoles primaires et maternelles n’ont toujours pas de DTA.

Déjà publié le 19/04/2018. La zone blanche de la première région chimique française, Rhône-Alpes, interpelle tout de même. http://www.verriers-givors.com/actualite/creches-ecoles-lycees-sur-sols-pollues/

Rappelons que des expositions brèves suffisent pour développer des cancers mortels 30 à 40 ans plus tard. Ce délai contribue à diluer les responsabilités et à perpétuer l’oubli. Depuis 1998, 400 enseignants et personnels de l’éducation nationale ont contracté un mésothéliome pleural, cancer de l’amiante qui réduit l’espérance de vie à 12 mois après diagnostic. Par ailleurs, 1 230 autres personnes ont contracté un mésothéliome après avoir exercé au moins une fois dans leur carrière une profession dans le milieu de l’enseignement. La publication de tels chiffres est inédite en France. Mais, fait remarquable, ces données recensent les mésothéliomes mais s’abstient de quantifier les épanchements pleuraux ou autres maladies de l’amiante. Au terme de cet état des lieux alarmant mais partiel le rapport plaide « en faveur d’un renforcement nécessaire de la prévention du risque amiante et de l’information sur les possibilités de recours aux dispositifs de reconnaissance médico-sociaux existants », concernant plus spécifiquement la prévention dans les établissements publics. Cependant il convient de souligner le poids de l’inertie et le cynisme des pouvoirs publics face à un tel état des lieux.

Jusqu’à la récente réforme du code du travail, seuls les CHSCT (comité d’hygiène et des conditions de travail) se mobilisaient dans les entreprises pour faire appliquer la législation protectrice, mais la réforme vient de les faire disparaître. Cynisme encore !

Il reste la mobilisation populaire pour imposer des mesures de protection des publics et des travailleurs dans les entreprises. Tout parent d’élève, tout membre du personnel doit pouvoir accéder librement et sans restriction au DTA, conformément à la loi. Le collectif Urgence Amiante Écoles lance un appel : « Agissez en réclamant la fiche récapitulative de ce document au chef d’établissement et en nous envoyant les informations ». Et lance une enquête citoyenne sur l’amiante dans les écoles avec le soutien des associations qui accompagnent des victimes et des familles en deuil, soutenue par l’ANDEVA, l’AVA, l’Association Henri Pézerat, Ban Asbestos France, la CAVAM, le Comité Anti Amiante Jussieu et le Réso A+.

Rappelons que le 19/04/2018, le site internet des verriers de Givors avait déjà publié une information sur les sites pollués sur lesquels sont bâtis… des crèches, des écoles, des lycées ! Avec l’amiante, ça fait beaucoup pour des petites natures.

https://prevention-amiante.fr/ ; https://urgence-amiante-ecoles.fr/

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