« C’est invraisemblable ! »

« La santé est absente du Grand Débat national, aussi bien dans les thèmes proposés que dans leurs déclinaisons, c’est invraisemblable ! On voit bien que dans toutes les petites assemblées, la question revient souvent. Les réunions organisées par l’AP-HP à ce propos ont un franc succès. On constate un désir puissant de parler à l’hôpital. Il nous a donc semblé qu’il fallait donner la visibilité la plus vaste possible aux questions de santé. » déclare au Quotidien du Médecin le Docteur Renaud Péquignot, vice-président d’Action praticiens hôpital (APH) et chef du service de médecine et réadaptation des Hôpitaux de Saint-Maurice (Val-de-Marne).

En marge du Grand Débat national, l’APH et Jeunes Médecins lancent une plateforme de consultation en ligne axée sur la santé et l’hôpital. Leur objectif ? Faire émerger des propositions du terrain en vue des concertations qui s’ouvrent avec le ministère autour de la future loi de santé, sur quatre thèmes : organisation, attractivité, financement et spécialités.

Cette plateforme est ouverte du 1er mars au 1er avril. Elle s’adresse aux médecins, aux soignants et aux citoyens. Quatre grands thèmes sont proposés : modèle d’organisation, attractivité, financement et spécialités particulièrement exposées ces derniers temps comme le SAMU, les urgences, les maternités, la psychiatrie ou encore la gériatrie. Les internautes ont la possibilité d’en proposer d’autres dans la section « boîte à idées ». L’objectif est de faire l’exposé des problèmes et de proposer des solutions. Les visiteurs peuvent ensuite discuter, voter et faire eux aussi leurs propositions.

Les médecins hospitaliers sont très préoccupés par le financement des hôpitaux. La fin de la T2A (tarification à l’activité) est une proposition qui a récolté beaucoup de votes. L’attractivité des professions inquiète aussi. La question du temps de travail a un certain succès mais les avis sont mitigés. Certains médecins considèrent qu’il est normal de travailler beaucoup. Mais le sujet le plus plébiscité, c’est l’intérim. Les médecins veulent l’assurance d’une taille d’équipe suffisante pour assurer la continuité des soins sans y avoir recours. « L’intérim est vraiment la gangrène de l’hôpital. Ça coûte trois fois plus cher, donc on dépense énormément d’argent pour un temps médical minuscule », précise le médecin qui poursuit « Macron n’aime pas ce statut car il préfère la mobilité. Il n’aime pas les titulaires, il ne veut que des contractuels. Le but étant évidemment que les travailleurs soient beaucoup plus dociles. Mais je ne suis pas certain qu’en étant sur un siège éjectable, on travaille mieux. »

La précarité au travail et son efficacité économique douteuse mises en cause dans une corporation bien éloignée du monde du travail tel qu’on le situe plus généralement. Une politique également mise en cause dans un corps pourtant peu habitué à la contestation. Mais on ne s’en plaindra pas tant la politique d’un homme « ni de droite, ni de gauche », mais très proche de la finance et des intérêts des plus riches, accroît le nombre des opposants.

Selon le baromètre Ayming, le nombre de jours d’absence moyen d’un employé a grimpé de 16,8 en 2016 à 17,2 en 2018. A commencer par les seniors qui, avec un taux de 7,55 % chez les plus de 55 ans, souffrent d’arrêts maladie plus longs que leurs cadets. En cause, l’étude constate que, pour près de la moitié, ces absences sont liées à des maladies graves ou chroniques qui s’aggravent avec l’âge. Autre explication : les seniors supportent moins bien que les plus jeunes l’accroissement des facteurs de pénibilité. Et c’est sans compter l’allongement de la durée du travail… Les femmes, quant à elles, représenteraient un absentéisme de 5,30 % en 2017, contre 3,54 % pour les hommes. Pour expliquer cette inégalité, le rapport estime que les femmes sont attelées à des postes dont les tâches sont plus pénibles et les risques de TMS sont plus élevés. Voilà qui justifierait pleinement l’ouverture du « Grand débat » aux questions de santé. Mais le Président, qui s’apprête à imposer ses ordonnances de réforme de la santé, comme du Code du travail, ne veut pas des questions parasites.

Sources : https://www.lequotidiendumedecin.fr/; http://www.infoprotection.fr/

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