En 2015, 142 000 cas de cancers étaient attribuables à des facteurs de risques liés au mode de vie ou à l’environnement (84 000 chez les hommes, 58 000 chez les femmes), selon une étude du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Quatre cancers sur dix pourraient être évités : 41 % des tumeurs survenues en 2015 chez les adultes de plus de 30 ans. En 2000, cette évaluation de la part de cancers évitables était estimée à 35 %. Dans d’autres pays, cette estimation varie de 30 à 50 %.

La nouveauté de cette étude, par rapport aux précédentes, est d’avoir élargi le spectre des causes évitables à treize facteurs majeurs de risque pour lesquels un lien avec la survenue de cancer est bien établi, et pour lesquels l’exposition des Français était connue. La consommation de viande rouge et de charcuterie ou les expositions professionnelles (trichloréthylène, gaz d’échappement du diesel) n’étaient par exemple pas prises en compte auparavant. Enfin, on commence à s’intéresser aux risques professionnels.

Mais d’autres agents environnementaux commencent à interroger les populations. Les pesticides bien sûr et l’on voit que les actions multiples engagées commencent à faire bouger les lignes (procédures contre Monsanto et les pisseurs volontaires détectant le taux de Glyphosate dans les urines).

Mais l’eau de consommation courante n’est pas si limpide qu’il y paraît. C’est un danger invisible qui menace les foyers. Les citoyens l’ignorent, l’eau potable qui coule de leurs robinets est souvent contaminée. Dans des villages d’Auvergne ou à Saint Etienne, les habitants boivent une eau blanchie avec de la poudre d’aluminium qui peut déclencher la maladie d’Alzheimer. Les doses dépassent largement le seuil de risque fixé par les scientifiques mais la réglementation ignore les dangers de ce neurotoxique. Depuis quelques années, des citoyens et des scientifiques isolés tirent la sonnette d’alarme : partout en France, l’eau potable charrie désormais une trentaine de résidus médicamenteux : antidépresseurs, traitements contre le cancer, hormones de la pilule contraceptive qui modifie le sexe des poissons… Pour protéger sa population de ce cocktail pharmaceutique qui pourrait devenir explosif, la Suisse installe des filtres actifs contre les molécules des médicaments. L’Europe somme la France de moderniser ses usines de traitement, mais notre pays ne cesse de minimiser l’ampleur de la pollution. Les communes et les grandes compagnies de distribution de l’eau ne souhaitent pas que de nouvelles règles viennent compromettre leurs affaires.



L’eau de l’ARC, rivière née en Haute-Maurienne (Savoie), sera-t-elle aussi claire après son arrivée dans l’Isère, le Rhône et la Méditerranée ?

L’évaluation de la qualité de l’eau pourrait évoluer en raison des contaminations aux pesticides. L’Anses vient de rendre un avis sur les métabolites de pesticides, qui étaient jusqu’à présent officiellement limités sous un seuil unique (www.lemonde.fr/, 07/05/2019). Depuis les années 1980, la France applique un principe de précaution dans sa politique de l’eau. Pesticides et métabolites sont soumis aux mêmes exigences : aucune molécule, seule, ne doit dépasser le seuil de 0,1 microgramme par litre, tandis que leur somme doit rester inférieure à 0,5 μg/L afin d’éviter tout « effet cocktail ». Le rapport de l’Anses rappelle que l’idée de cette limitation à une valeur unique est de « réduire globalement l’utilisation des pesticides et donc indirectement de protéger les ressources en eau ».

On sait désormais que cette réglementation n’a pas suffi. Les contaminations sont telles que certaines agences régionales de santé ne savent plus que faire d’eaux brutes affichant régulièrement des taux trop élevés de métabolites de pesticides. D’où l’idée qu’il faudrait en maintenir certains (nommés « pertinents » dans le rapport) sous le seuil de 0,1μg/L et de permettre à d’autres (les « non-pertinents ») d’atteindre 0,9 μg/L. Sur neuf métabolites de deux substances herbicides (dont une non autorisée dans l’Union européenne) qu’il lui avait été demandé d’étudier, l’Anses en classe trois dans la première catégorie, des plus toxiques, et six dans la deuxième. Les associations inquiètes d’une possible nouvelle tolérance. Comme on l’a connu avec « l’usage contrôlé de l’amiante » promu par le CPA, réunissant scientifiques, hauts fonctionnaires et industriels, avec les résultats que l’on connaît : 100 000 morts dans les dix ans qui viennent !

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