« J’ai du glyphosate dans mes urines, et toi ? »

La campagne d’analyse d’urine pour détecter la présence de glyphosate prend de l’ampleur. Le mouvement, parti d’Ariège en juin dernier, s’étend désormais dans 55 départements. Le 21 décembre, dans le cadre d’un mouvement national, l’association Campagne glyphosate Toulouse Métropole organisait à Toulouse la première action de la campagne « J’ai du glyphosate dans mes urines, et toi ? ». Devant huissiers, 48 personnes étaient venues pour faire analyser le taux de glyphosate dans leurs urines.

Quelques semaines plus tard, les résultats envoyés par le laboratoire sont, selon l’association, sans appel : en moyenne, 1,113 mg/L de glyphosate a été retrouvé dans les urines des participants. Le taux le plus fort atteint les 3,139 mg/L : à titre d’échelle, le taux de glyphosate pour qu’une eau soit jugée conforme selon la réglementation actuelle est fixé à 0,1 mg/L soit 31 fois moins !

Les organisateurs de cette action rappellent que le glyphosate est le principe actif d’un certain nombre de pesticides, dont le Roundup de Monsanto, emblématique d’une agriculture chimique et industrielle avec toutes les conséquences catastrophiques que l’on connaît. Et interpellent sur le respect du principe de précaution, loin d’être respecté, lorsque l’on constate les taux de Glyphosate retrouvés dans les analyses d’urine.

Les résultats obtenus à Toulouse confirment les premiers venus d’Ariège, où des prélèvements avaient eu lieu en décembre : 100% des citoyens ayant effectué ce test sont contaminés. Le glyphosate est au centre de nombreux débats et controverses. Des études sur les effets sanitaires, produites par les lobbies, jusqu’au travail de pression pour peser sur nos députés, la situation est inquiétante. Dans quelle mesure le glyphosate retrouvé dans l’organisme impacte-t-il réellement notre santé ? Le principe de précaution est- il respecté dans la commercialisation du pesticide le plus tristement célèbre et des produits phytosanitaires en général ?

Pas moins de 671 personnes, en métropole et en outre-mer, ont participé à cette campagne d’analyses d’urine. La plupart de celles-ci envisagent d’aller plus loin et s’adressent aux tribunaux. Les plaintes visent ceux qui rendent possible la commercialisation du glyphosate, notamment des commissaires européens, les fabricants de glyphosate et les responsables des autorités sanitaires pour « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée » ou « atteintes à l’environnement ». A la mi-février, 625 plaintes étaient déposées.

Source : https://www.ladepeche.fr