L’association Générations futures a publié une enquête sur les résidus de pesticides, cancérigènes ou potentiellement perturbateurs endocriniens, retrouvés dans l’eau du robinet en France. L’association s’interroge sur la différence entre les résultats d’un département à l’autre et en conclut : « on ne trouve que ce que l’on cherche » ! Elle demande donc une harmonisation des contrôles et de leur fréquence sur l’ensemble du territoire. Ce qui serait plus sérieux.

L’association appuie son analyse sur les résultats de plus de 200 000 contrôles sanitaires de l’eau du robinet réalisés dans le cadre d’analyses réglementaires par les agences régionales. Elle s’est attachée à étudier le nombre de pesticides présents dans l’eau ayant des propriétés cancérogène, mutagène, reprotoxique (CMR) ou perturbatrice endocrinienne (PE). Sur près de 8 800 analyses, l’étude note que la présence de ces résidus de pesticides retrouvés dans l’eau du robinet sont majoritairement, à 56,8% des perturbateurs endocriniens suspectés, selon les travaux de l’épidémiologiste américaine Théo Colborn. Les résidus CMR sont présents à 38,5% des quantités de résidus qui ont des propriétés cancérogène, mutagène, reprotoxique. Le rôle de plusieurs substances PE est à ce jour suspecté dans l’apparition de cancers hormonaux-dépendants (cancer du sein, de l’utérus, de la prostate et des testicules).

Un territoire agricole fortement développé et dynamisé par la chimie.

Que trouve-t-on parmi ces dangereuses molécules ? De nombreux herbicides ou fongicides interdits depuis plusieurs années : le Métolachlore, herbicide interdit depuis 2003, le Simazine et l’Atrazine, herbicides non approuvé au sein de l’Union européenne depuis 2004, l’Oxadixyl, fongicide interdit depuis 2002, le Dichlobénil, herbicide non approuvé depuis 2008, l’Alachlore, herbicide non approuvé au sein de l’UE depuis 2006 et l’Anthraquinone, un pesticide type répulsif non approuvé au sein de l’Union européenne depuis 2008. Cet état des lieux, inquiétant pour la santé des populations, soulève deux questions : soit ces produits sont toujours utilisés, malgré leur interdiction depuis de nombreuses années et cela souligne le laxisme de l’appareil d’État ; soit leur utilisation n’a jamais été autorisée et le laxisme de l’État est encore moins explicable, il a laissé entrer – en quantité ! – sur le territoire les substances toxiques prohibées ce qui est tout à fait condamnable.

Selon le rapport, les résidus de pesticides CMR et/ou PE suspectés représentent au total plus des trois quarts des quantités de résidus de pesticides. Ce qui n’est pas négligeable. L’association rappelle que ces substances posent des questions sanitaires sur lesquelles de plus en plus de travaux de recherche soulignent que les perturbateurs endocriniens conservent un potentiel d’action à faible dose sur le long terme. Il n’est nul besoin d’attendre des décennies et d’avoir des preuves formelles de leur nocivité – qui est connue – pour mener la chasse aux fraudeur.

Ce qui interpelle aussi l’association c’est la différence de philosophie de recherche des toxiques dans l’eau de consommation courante selon les départements. On ne cherche pas en permanence toutes les substances partout et à la même fréquence dans tous les départements. Dans l’Aisne, on va trouver une dizaine de pesticides seulement, moins que dans les départements voisins, alors qu’il y a peu près les mêmes cultures et 50 fois moins que dans le Var où on en trouve 590. Est-ce que cela veut dire qu’il y a moins de pollution en Picardie ? C’est peut-être ce que l’agence de l’eau vise à démontrer. On ne trouve que ce que l’on cherche, et l’association est fondée à demander une harmonisation des contrôles et de leur fréquence sur l’ensemble du territoire.

Ces résultats attestent d’une exposition continue des consommateurs à des faibles doses toxiques par l’eau de consommation courante. Générations futures en appelle au gouvernement afin qu’une politique efficace de réduction de l’usage des pesticides soit enfin appliquée. Elle souligne que la Commission européenne vient d’appeler à une réduction de 50% de l’usage des pesticides. Mais ce n’est pas le chemin suivi par la France avec son plan Ecophyto qui loin d’atteindre ses objectifs les a vu enfoncés !

Sources : www.generations-futures.fr/actualites/exppert-12-pesticides-eau-robinet/

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