302 dossiers amiante éloignés des victimes !

Les cheminots d’Oullins montent au créneau sur les risques de l’amiante auxquels ils sont exposés. Aux ateliers SNCF de cette ville, 21 ans après l’interdiction de la fibre tueuse en France les militants syndicaux ne dénombrent pas moins de 33 victimes de l’amiante dont 11 décès.

Il y a 11 ans, le 11 mars 2007 la maladie emportait leur camarade André Triadon à 52 ans, après six mois de lutte. Cette disparition prématurée insupportable d’un électricien a marqué les esprits et ses collègues de travail se sont mobilisés sur ce nouveau champs de lutte syndicale. La CGT déclare : « Les dangers de l’amiante sont connus depuis des décennies et rien n’a été fait par l’État ni par la SNCF pour protéger la santé des salariés ». En France, l’Institut de veille sanitaire chiffre à 118 000 décès directement liés à l’amiante entre 1995 et 2009 et la caisse de prévoyance SNCF recense 36 décès rien que pour l’année 2015.

Les cheminots d’Oullins se refusent à croire à la fatalité et ont décidé de porter le dossier en justice en 2017 pour « manquement de l’employeur sur la santé et la sécurité des salariés ». Trois cent-deux dossiers sont en cours d’instruction, mais cette affaire à été transmise à la section économique et financière de la police judiciaire à Saint-Denis-de-la-Réunion. Autant dire que les cheminots vivent très mal cette volonté de délocaliser l’affaire à 10 000 km de chez eux. Pour laisser les mains libres au pouvoir et à la SNCF de trahir les droits des victimes.