Quand on prend le « tiers monde » pour la poubelle de l’occident…

Le régime d’exportation de certains déchets destinés à la valorisation, de l’UE vers des pays n’appartenant pas à l’OCDE, a été mis à jour par la Commission européenne. L’actualisation porte principalement sur le régime applicable aux mélanges de déchets nouvellement pris en compte par le règlement 664/2011. Pour chaque pays, il est précisé si les déchets sont acceptés et, dans l’affirmative, quelle procédure s’applique : absence de contrôle, procédure de notification et de consentement écrit préalables, ou procédure de contrôle spécifique mise en œuvre par le pays de destination. Dans tous les cas, seuls des déchets destinés à la valorisation peuvent être exportés. Sous entendu, vous n’êtes pas autorisés à déverser votre poubelle chez les voisins sans considération.

Certains déchets s’avèrent passablement encombrants, comme le montre la récente prise de position du ministère de la Transition écologique. En 2012, le gouvernement avait acté la fermeture du centre de stockage pour déchets industriels situé à Wittelsheim, près de Mulhouse. Suite à un incendie en 2002, le site n’acceptait plus de déchets mais était toujours en exploitation. Près de 44 000 tonnes de déchets avaient été accumulées depuis 1999 dans les galeries souterraines de cette ancienne mine de potasse. On y trouve notamment, des déchets cyanurés, arséniés, chromiques, mercuriels ou amiantés et des résidus de galvanisation et du traitement des fumées d’incinération. Depuis, 95 % des déchets mercuriels ont été déstockés. La majorité du tonnage reste toutefois sur le site et le préfet du Haut-Rhin a autorisé en mars 2017 la prolongation, pour une durée illimitée, du stockage. En avril dernier, Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique, a commandé une étude au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) sur la possibilité de remonter les déchets restants avant 10 ans. L’institut a finalisé ses travaux, à la fin de l’année dernière. En se basant sur ces derniers, le ministère de la transition énergétique actuel assoit sa décision.

La mission d’information parlementaire pilotée par Raphaël Schellenberger, Bruno Fuchs et Vincent Thiébaut avait quant à elle préconisé en septembre dernier de déstocker l’ensemble des déchets. L’objectif était d’éviter la contamination de nappe phréatique avec un cocktail de déchets dangereux. Les députés avaient pointé, dans leur rapport, différentes carences concernant ce dossier dont l’engagement de réversibilité non respecté et la mauvaise gestion du site. Mais le nouveau ministre de la Transition écologique vient de renoncer définitivement au déstockage.

Source : http://douane.gouv.fr/

En juillet 2017, la Chine avait informé l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de sa volonté d’interdire l’importation de 24 types de déchets sur son territoire : certaines matières plastiques, les papiers non triés, certains matériaux textiles et les laitiers, scories, croûtes d’oxydes et autres déchets provenant de la fabrication du fer ou de l’acier. Près de dix-huit mois après, les conséquences de cette décision unilatérale se font encore sentir en Europe. « On ne s’attendait pas à une mesure si radicale », déclare le secrétaire général de la confédération européenne du recyclage. Avec plus de 75 % de ses déchets exportés vers la Chine, la France s’est très vite retrouvée avec des stocks sur les bras.

Avec une capacité de recyclage des déchets en plastique de 400 000 tonnes, pour une production de 900 000 tonnes, la France n’a pas pu faire face. Pour les 200 000 tonnes de plastiques français vouées à l’exportation chinoise, le premier réflexe des recycleurs a été de se tourner vers les voisins asiatiques : Vietnam, Malaisie et Indonésie. Une réorientation qui a provoqué un engorgement. Le problème étant mondial, la France n’a pas été la seule à avoir cette idée. Face à l’influx important, ces pays ont changé leur réglementation et certaines unités ont fermé. Retour à la case départ.

A quand une véritable politique nationale de retraitement des déchets et surtout une réduction des déchets produits en occident ?

Sources : https://www.actu-environnement.com

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