Il y a 4000 ans, les homo sapiens devenus les premiers mineurs étaient déjà présents sur les communes de Salsigne et de Villanière dans l’Aude, riches en minerai de fer. Des traces l’attestent. Dès le premier siècle avant J.C. s’installèrent les premières exploitations de minerai de fer dans la Montagne Noire. En 1873, on y exploitait du mispickel (Arséniosulfure naturel de fer, de formule FeAsS, monoclinique). Le 6 février 1877, Marius Esparseil reçoit la concession de Salsigne pour son industrie. En 1879, une concession est octroyée pour l’exploitation de l’argent à la Société des Mines d’Argent de La Caunette. En 1892, Marius Esparseil découvre de l’or dans les minerais. En 1897, la concession de Salsigne est étendue à la pyrite de fer et métaux connexes. En 1898, la Société des Mines de l’Aude reçoit la concession de Villanière. L’aventure industrielle était lancée sur la Montagne Noire.

Une courbe de production bien différente de celle de l’emploi…

Mais aujourd’hui, le trou est béant et la pollution demeure. Après avoir extrait 120 tonnes d’or, 249 tonnes d’argent, 30 821 tonnes de cuivre, divers autres métaux et 397 000 tonnes d’arsenic, dont Salsigne fut le premier producteur mondial pour pour les besoins de l’industrie et pour élaborer, notamment pendant la première guerre mondiale, des armes chimiques. Les actionnaires des diverses sociétés s’en sont allés réaliser de nouveaux profits sous d’autres cieux. Après avoir pris soin de signer avec l’État un accord l’exonérant de toutes ses responsabilités en terme de dépollution. En décembre 2004 la fermeture définitive et totale du site minier était prononcée. Le 17 juin de la même année était créée l’association « Salsigne Mines et mémoire » qui préserve le souvenir de ce que fut ce site industriel durant plus d’un siècle. Ce qui permettra sans doute de mieux comprendre le problème de santé environnementale auquel sont confrontés aujourd’hui les anciens salariés et la population. Dès aujourd’hui le site de l’association publie un graphique qui montre que plus on extrayait d’or et d’argent, moins il y avait d’ouvriers à passer à la paie. Les actionnaires ont gaillardement puisé dans le sol, épuisé la main d’œuvre, mais aujourd’hui ils sont partis sans vider les poubelles. La présence d’importants stocks de déchets toxiques est pointée du doigt par les élus locaux et certains scientifiques.

L’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie a publié le 13 août les premiers résultats du dispositif de surveillance médicale mis en place à proximité de l’ancienne mine de Salsigne. Ils révèlent que 38 enfants sur les 103 ayant fait l’objet de cette surveillance présentent une surexposition à l’arsenic (As). La dose de polluant présent dans les urines de ces enfants âgés de moins de 11 ans est supérieure à la valeur de référence de 10 μg As/g de créatinine. L’arsenic est un toxique susceptible, en cas d’exposition chronique, de causer des cancers de la vessie, de la peau et du poumon mais aussi d’autres pathologies telles qu’affections de la peau, hypertension artérielle, bronchites chroniques, diabète, etc. Les populations ont des raisons d’être inquiètes pour leur santé. Les données environnementales, confirmées par les services de l’État, révèlent la présence de divers polluants, en premier lieu l’arsenic, mais aussi des métaux (plomb, zinc, cuivre, mercure, cadmium, bismuth) et des cyanures.

Les sols n’ont pas été dépollués ou mis en sécurité véritable parce que c’est un problème de coûts et qu’on ne veut pas dépenser d’argent, dénonce Frédéric Ogé, ancien chercheur au CNRS, interrogé par Francetvinfo.fr. On préfère faire prendre des risques à 10 000 personnes plutôt que d’engager une véritable politique de mise en sécurité par rapport à ces 1,2 million de tonnes – a minima – de déchets extrêmement toxiques. Le chercheur cite une étude officielle qui révèle « pendant 20 000 ans, nous aurons autour de six à huit tonnes d’arsenic qui vont lixivier chaque année. Et je ne parle pas de toutes les autres saletés qui sont là : PCB, sélénium, plomb, etc. » C’est une question de volonté politique.

L’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi constate : « Il aura fallu huit mois d’alerte et de mesures indépendantes pour abattre le déni de l’Etat. Honte au préfet de l’Aude ! Honte au BRGM ! Qu’attendez-vous pour assainir une pollution présente depuis 15 ans ! »

Sources : www.salsigneminesetmemoire.fr/historique ; www.actu-environnement.com/ ; https://www.francetvinfo.fr/

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