Un immense champ de recherche dans un environnement connu.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) lance deux appels à projets pour l’édition 2019 de son programme de recherche Environnement-Santé-Travail. L’enveloppe s’élève à 8 millions d’euros dont 2 millions dédiés aux perturbateurs endocriniens. Le premier appel à projets vise des projets de recherche sur les conséquences de l’exposition à 11 types de sources : des agents physiques (nuisances sonores, rayonnements non ionisants, pollutions lumineuses), les nanomatériaux et fibres minérales, l’exposition aux produits phytopharmaceutiques, les agents chimiques, les perturbateurs endocriniens, les agents biologiques, les contaminations émergentes, les déchets, la qualité de l’air, le changement climatique, les vecteurs et lutte anti vectorielle. Il s’intéressera également aux approches des sciences humaines et sociales, des risques sanitaires et environnementaux mais aussi aux projets sur les cancers liés à des expositions environnementales et professionnelles. Le second appel à projets de recherche est dédié aux sujets de la radiofréquence et de la santé.

Un ouvrage collectif publié cette année aux éditions du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), codirigé par Cédric Villani et Bernard Nordlinger, souligne comment d’immenses bases de données existent aujourd’hui dans tous les domaines de l’environnement pour informer sur « l’environnement des malades », défini comme « ensemble des données environnementales d’un individu au cours de sa vie ». Il faut en effet agréger les facteurs environnementaux subis (la pollution), les facteurs environnementaux choisis (la tabagie), l’exposition aux facteurs biologiques (infectieux), chimiques (perturbateurs endocriniens), physiques (climat), comportementaux (nutrition), de style de vie (profession, stress) et sociaux (habitat, revenu). De son côté la « tour de contrôle des blocs opératoires » regorge désormais de données générées par les différents équipements médicaux, les systèmes d’imagerie peropératoires, les instruments chirurgicaux, le système d’information de l’hôpital pour compléter la compréhension des pathologies des patients. Les auteurs illustrent ainsi ce qu’ils définissent comme une « médecine augmentée ».

Après, comment pourra-t-on nous expliquer du côté de la CPAM de Lyon, lors des délibérations sur la non-reconnaissance d’un cancer d’un chaudronnier en maladie professionnelle que « dans l’état actuel des connaissances scientifiques, il n’existe pas de facteurs professionnels établis comme augmentant le risque de cancer de l’amygdale ». Dans la même décision la motivation de l’avis du Comité régional de (non) reconnaissance de maladies professionnelles (CRRMP) s’appuie sur « l’absence de rapport de causalité établi entre la maladie soumise à l’instruction et les expositions incriminées ».

D’autant plus difficile à expliquer alors que ce cancer sera reconnu finalement par décision du Tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Lyon, qui souligne à l’occasion le peu d’empressement du CRRMP de Lyon, comme celui de Dijon, à étudier l’ensemble des éléments constitutif du dossier. Ce n’est qu’un exemple illustrant beaucoup d’autre décisions négatives. Le CRRMP de Rhône-Alpes second en France, avec 2133 avis, derrière le Nord-Pas-de-Calais par le nombre d’avis émis. Mais au 12e rang pour les avis favorables (38,7%), loin derrière la Bretagne avec 73,7 %.

Sources : https://www.actu-environnement.com/ ; Santé et intelligence artificielle, ouvrage collectif sous la direction de Bernard Nordlinger et Cédric Villani (CNRS Éditions, 2018) ; CNAMTS, risques professionnels, synthèse nationale des rapports d’activité 2014.