1 200 victimes de l’amiante présentent la note au constructeur automobile.

Le 12 mars à l’espace 140 à Rillieux-la-Pape 1 200 anciens salariés de Berliet-RVI à Vénissieux viendront réclamer à leur ancien employeur 30 000 € chacun pour réparer le préjudice d’anxiété lié à l’exposition à l’amiante durant leur carrière professionnelle dans les années 1960-1990. Un procès hors norme, délocalisé à Rillieux-la-Pape car les locaux habituels du Conseil des Prud’hommes n’ont pas la capacité d’accueillir ensemble une telle foule de plaignants.

Les plaignants demande la reconnaissance d’un préjudice d’anxiété suite au classement des locaux vénissians des Usines Berliet-RVI comme établissement ayant exposé le personnel à l’amiante. Ils ne sont pas des gens malades, mais ils pourraient l’être suite à cette exposition. Pour les malades, d’autres procédures ont été engagées. Cette audience a été précédée d’audiences de conciliation, mais comme d’ordinaire il n’y a pas eu conciliation. Jean-Paul Carret le président de l’association prévenir et réparer (APER) précise que « c’est une première vague. Il y en aura une autre pour 200 autres dossiers ». Il y a 1 400 dossiers mais c’est peu par rapport au potentiel. « Il faut savoir que ce sont des dizaines de milliers de personnes qui ont travaillé à Vénissieux. »

L’isolation des cars et bus comprenait de l’amiante il y a quelques dizaines d’années . Archives LE PROGRÈS

Entre 1964 et 1996 peu ou prou tout le personnel a été exposé. Des gens de la production mais aussi de l’administratif. Ces derniers passaient dans les ateliers. Les personnels les plus exposés sont cependant ceux qui travaillaient aux cars et bus, et à la fonderie. L’amiante a été interdite en 1996, mais il en reste encore toujours dans les usines. Fin 2017, par exemple, deux bâtiments amiantés dont un self, ont été écroulés. C’est le lot des vieux locaux, dont certains datent du début de l’implantation de Berliet à Vénissieux en 1917. Il y en avait dans les sols, les murs, les machines, l’isolation des cars et des bus, etc. Cela a été reconnu par le tribunal.

Les avocats vont demander 30 000 € par employé. « Ils vont s’appuyer sur le classement et la cour de cassation qui estime que les gens ayant travaillé dans des locaux amiantés ont une espérance de vie plus courte. Cela mérite une indemnisation. Il y a nombre de jugements dans ce sens, comme pour l’établissement d’Annonay, en Ardèche. C’est là-bas qu’étaient les cars et bus. Eux, ils ont eu le classement en 2007. Vénissieux ne l’a pas eu à cette époque car il y a eu un vice de procédure. Il a fallu relancer », précise Jean-Paul Carret.

Un long combat. L’association APER a été fondée dans les années 2000-2001 pour lancer la demande de classement des sites. Elle a eu gain de cause bien plus tard avec l’arrêté du 25 octobre 2016. L’action a été menée aussi pour les ponts à Saint-Priest, mais l’association a été déboutée. Cela a été jusqu’au Conseil d’État. Il n’y a plus rien à faire pour ce site. Reste que le classement de Vénissieux est une belle victoire. Cela a déjà permis à nombre de personnes de partir en pré-retraite amiante. Cela leur a fait gagner du temps et de l’argent. Les indemnisations qu’ils ont eues sont exonérées d’impôt.

À Annonay, les plaignants ont gagné, ce qui rend les Vénissians confiants. La seule question, c’est combien de temps cela va durer. Il peut y avoir des renvois, des appels, etc. Enfin, l’autre question, c’est le montant que les plaignants vont toucher. Cela peut varier.

Depuis un changement récent des statuts, l’association s’occupe désormais de toutes les maladies professionnelles. « On peut aider tout le monde. Il suffit de nous contacter et de venir nous voir à notre permanence. Nous la tenons tous les deuxièmes mercredis du mois de 14 à 16 heures à la 525e mutuelle, place Steven-Spielberg, Cité Berliet à Saint-Priest », précise Jean-Paul Carret.

Source : www.leprogres.fr