Plusieurs chiffres émanant de l’Assurance Maladie indique que 1 840 cancers professionnels sont dénombrés en 2018, que ce nombre a été multiplié par 3,6 % en 20 ans, et que les ouvriers sont en première ligne quant à la possibilité de contracter un cancer du fait de leur travail. L’Assurance Maladie indique surtout que le chiffre de 1 840 est le chiffre reconnu lorsque la pathologie professionnelle est déclarée, mais que pour avoir une situation réelle il faut multiplier ce chiffre par 5, car le cancer met souvent du temps avant de se déclarer, et les malades ne font pas forcément le lien entre leur maladie et leur travail, la moyenne d’âge de reconnaissance d’un cancer comme maladie professionnelle est de 68 ans.

Un rapport du CNAM en juillet 2018 fait le constat que depuis la dernière réforme des retraites les salariés de plus de 60 ans ont des arrêts de travail plus longs, 28 jours pour les 35-39 ans contre 76 jours pour les plus de 60 ans, en 2010 cela concernait 4,6 % des indemnisés de plus de 60 ans alors qu’en 2016 cela en concernait 7,7 %, et le montant indemnisé entre 2010 et 2016 a augmenté de 15 % ! Ainsi le but poursuivi de faire réaliser des économies aux régimes de retraite n’a en fait que grever un peu plus le budget de l’Assurance Maladie, en participant à une détérioration de la santé des salariés les plus âgés.

Les médecins « libéraux » doivent composer avec les algorithmes de l’administration.

Parallèlement la chasse aux arrêts de travail est ouverte et la pression sur les médecins prescripteurs s’accentue. Au point que la presse spécialisée s’en fait l’écho. Un médecin de la Drôme parle même de « harcèlement » à son égard de la part de la Caisse primaire de l’Assurance maladie.

« Entre les mois d’avril et juillet 2018, le généraliste de Beausemblant a prescrit 3,4 fois plus de journées indemnisées que les praticiens ayant « une activité comparable » dans sa région, selon les chiffres avancés par la caisse. Cela représenterait 7 IJ par patient, contre 3 en moyenne pour ses confrères. « Je travaille dans un désert médical. Un rendez-vous avec un ophtalmo, c’est 18 mois, un cardiologue, c’est 6 mois… Je prends en charge des patients qui ne peuvent pas attendre, avec parfois des pathologies très lourdes. Cela explique que je suis prescripteur d’un grand nombre d’arrêts de travail. Mais ça, la caisse n’a jamais voulu l’entendre. Ils se retranchent toujours derrière des arguments statistiques », note Le Quotidien du médecin.

Dans un autre article, intitulé « Prescriptions d’arrêts de travail : 29 médecins bretons mobilisés contre les « méthodes d’intimidation » de leur caisse. » Le Quotidien développe : L’assurance-maladie en fait-elle trop pour endiguer la hausse des arrêts de travail ? Vendredi 24 mai, une trentaine de médecins des Côtes-d’Armor, un représentant du Conseil départemental de l’Ordre et des élus locaux étaient réunis à La Roche-Jaudy pour soutenir l’une de leur consœur et dénoncer les « méthodes d’intimidation ». Celle-ci devait recevoir ce jour un médecin-conseil de la Sécu pour « un entretien confraternel » autour de ses prescriptions d’arrêts de travail. L’employée de l’assurance-maladie renoncera finalement à se présenter devant ce « comité d’accueil ».

Un médecin givordin avait déjà révélé ces méthodes aux verriers, les informant que plusieurs de ses confrères s’étaient vu rappelés à l’ordre pour avoir trop délivré de certificats pour les déclarations de maladies professionnelles.

Dans un article fort documenté intitulé « Un acte thérapeutique de plus en plus contraint », la revue Santé & Travail d’avril 2019 montrait comment, à partir des algorithmes moulinés par la Caisse nationale, les CPAM tentent d’imposer la norme aux médecins généralistes dits « libéraux » ! A ceux de la cité ouvrière de Givors on prétend leur imposer la norme des médecins du bourgeois 6e arrondissement de Lyon.

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