Dans une tribune publiée sur franceinfo, les signataires appellent à un sursaut dans la politique de gestion des risques industriels (17/10/2019). Ils appellent à un sursaut après la catastrophe du 26 septembre 2019, à Rouen : ce matin-là, un gigantesque incendie a détruit 5 253 tonnes de produits chimiques chez Lubrizol, une entreprise de produits chimiques classée Seveso seuil haut. L’incendie a aussi touché trois entrepôts de son voisin Normandie Logistique qui stockait plus de 9 000 tonnes de produits sur son site. Syndicats ou associations, les onze signataires de la tribune, publiée par franceinfo jeudi 17 octobre, dénoncent des négligences et des insuffisances et pointent un manque de transparence. Et au-delà de Lubrizol, ils appellent à un sursaut dans la politique de gestion des risques industriels.

La catastrophe industrielle et environnementale qui a eu lieu dans la nuit du 25 au 26 septembre 2019 à Rouen met en avant et à plusieurs titres les dangers permanents que les industries représentent lorsqu’elles négligent leurs obligations en termes de protection contre les dangers inhérents à leurs activités. Ces négligences coupables font courir aux salariés, aux populations et aux écosystèmes des risques graves, à court et long terme. Des accidents comme celui-ci sont un véritable désastre tant humain qu’écologique.

Pour pouvoir continuer à satisfaire suffisamment de rentabilité à ses actionnaires, l’industrie, à l’instar des autres secteurs de l’économie, rogne ses « coûts » sans fin sur le dos des travailleurs : multiplication de la sous-traitance, précarité, réduction des effectifs et des équipements, non-respect des règles de sécurité…

Plus jamais ça, ni ici, ni ailleurs ! Nous exigeons :

• Que soit publiée in extenso la liste des produits brûlés, ce qui passe par la levée des secrets de fabrication ;

• Que la liste des molécules (PCB, dioxine etc.) qui ont potentiellement pollué les sols, soit connue ;

• Que soient diffusés les chiffres sur les maladies professionnelles des salariés actuels ou anciens de Lubrizol ;

• Que les populations soient prises en charge médicalement et que soit mis en place un suivi à long terme, plus particulièrement pour les femmes enceintes et les enfants ;

• Qu’une estimation du préjudice soit faite le plus rapidement possible par les services de l’État, de façon à ce qu’une aide d’urgence (sous forme d’avance) soit attribuée à toutes les victimes ;

• Que les salariés de Lubrizol ou d’autres entreprises soient protégés par les autorités s’ils souhaitent témoigner de leurs conditions de travail et de sécurité, ce qui implique un renforcement de la loi sur les lanceurs d’alerte ;

• Que l’Europe renforce les législations de surveillance des sites SEVESO, et que l’État revienne sur l’assouplissement accordé en 2018 instaurant des périmètres de sécurité pour les projets immobiliers ;

• Que l’État prévoit, avec les moyens de mise en œuvre, un plan d’évacuation des populations vivant auprès de chaque site à haut risque, chimique ou nucléaire, ainsi que des exercices en conditions réelles ;

• La mise en place d’autorités sanitaires indépendantes et de procureurs indépendants ;

• La mise en place de CSSCT à compétences supra-légales étendues avec capacité d’expertise et de droit d’alerte ;

• le rétablissement des CHSCT dans les entreprises et l’élargissement de leurs pouvoirs ;

• Le renforcement des inspections du travail et des installations classées pour la protection de l’environnement en lien avec la CARSAT et la DREAL.

Les signataires : Amis de la Terre France ; association Henri-Pézerat ; Attac ; Confédération générale du travail (CGT) ; Confédération paysanne ; Criigen (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique) ; Fédération syndicale unitaire (FSU) ; Citoyennes ; SOL (Alternatives agroécologiques et solidaires) ; Union syndicale Solidaires ; Zone écologique autonome. Source : https://www.francetvinfo.fr/

vulputate, consectetur libero Lorem ut dolor. quis, adipiscing at et, ut