Selon l’agence sanitaire Santé publique France (SpF), les cancers de la plèvre, conséquence d’une exposition à l’amiante, « sont toujours plus nombreux », note un rapport qui estime qu’« aujourd’hui 1 100 nouveaux cas surviennent chaque année en France ».

Vingt-deux ans après son interdiction, l’amiante largement utilisé pour ses performances isolantes et anti-feu reste et restera pendant des décennies encore un « sujet majeur de santé publique, de santé au travail et de santé environnementale », souligne le rapport sur « 20 années de surveillance (1998-2017) » de cette forme de cancer, appelée mésothéliome pleural.

Ces cancers de l’amiante (du poumon, de la plèvre…) apparaissent jusqu’à 30 à 40 ans après l’exposition. Le nombre de mésothéliome pleural continue à augmenter en France. « Cette augmentation est encore plus marquée chez les femmes, avec un doublement du nombre de nouveaux cas annuels depuis 1998, pour atteindre 310 cas par an », note Santé publique France soulignant que le mésothéliome pleural est en forte progression chez les femmes, qui représentent 27 % des 1 100 nouveaux cas de la période 2015-2016. L’incidence de la pathologie a doublé en vingt ans dans cette population, soit +50 % de cas en prenant en compte l’augmentation imputable au vieillissement de la population. Sur les 5 625 cas recensés dans le cadre du Programme national de surveillance des mésothéliomes pleuraux (PNSM), 1 316 sont des femmes.

Si 93 % des mésothéliomes sont liés à une exposition professionnelle chez les hommes, ce n’est le cas que de 40 % des cas chez les femmes. Dans environ 30 % des cas, il s’agit d’une exposition extraprofessionnelle, dont une majorité liée à un mode d’exposition peu connu : l’exposition para-professionnelle par l’intermédiaire d’un proche exposé professionnellement. De plus, aucune exposition n’a été retrouvée dans 30 % des cas. Mais il faut peut-être aller plus loin. Le président de l’association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva) Alain Bobbio constate : « Vous n’avez pas abordé la question du suivi médical post-professionnel dont la situation est misérable en France. On compte en France 85 % des écoles qui ont au moins un bâtiment construit avant l’interdiction, et le désamiantage ne suit pas faute de moyens. » Constat auquel il faut ajouter les logements et nombre d’établissements publics équipés d’amiante et que fréquentent les femmes quotidiennement. Si l’on note la promiscuité de l’entretien des vêtements amiantés des époux rentrant du travail, il faut aussi considérer de plus plus près l’entretien quotidien de logements amiantés au sein desquels la poussière de ce cancérogène constitue un danger permanent pour les ménagères.

Dans son rapport SPF, qui s’appuie sur le PNSM mis en place en 1998, constate un « recours insuffisant » des victimes aux dispositifs d’indemnisation (maladies professionnelles et, depuis 2002, Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante/Fiva) : « Entre 2005 et 2017, plus d’une personne sur quatre atteinte de mésothéliome et affiliée au régime général de Sécurité sociale n’avait entrepris aucune démarche de reconnaissance en maladie professionnelle, ni n’avait sollicité le Fiva. »

Le pronostic du mésothéliome reste sombre, malgré les promesses de l’immunothérapie, déplore l’Andeva : « Financer la rechercher sur cette terrible maladie » et « l’éradication systématique de l’amiante, en priorité dans les bâtiments recevant du public et notamment des écoles », demeurent les parents pauvres de la politique de santé publique.

L’expérience du combat des verriers souligne assez la difficulté des victimes pour obtenir la reconnaissance des maladies professionnelles. Il ne suffit pas de constater que des victimes n’ont pas engagé de démarches pour les suivis médicaux post-professionnels, faut-il encore s’interroger pourquoi, quels sont les freins, les carences, les barrages du côté de l’Assurance maladie.

Sources : www.Lequotidiendumedecin.fr ; www.sciencesetavenir.fr/

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