Les premières estimations mondiales de l’OMS/OIT sur les maladies et les accidents sur le lieu de travail donnent un aperçu du nombre de décès prématurés évitables dus à l’exposition à des risques sanitaires liés au travail. Selon le Rapport mondial de suivi relatif aux estimations communes de la charge de morbidité et des traumatismes liés à l’activité professionnelle, publié par l’OMS et l’OIT, la majorité des décès liés au travail étaient dus à des maladies respiratoires et cardiovasculaires.

Les maladies non transmissibles étaient responsables de 81 % des décès, dont les principales causes étaient les pneumopathies obstructives chroniques (450 000 décès), les accidents vasculaires cérébraux (400 000) et les cardiopathies ischémiques (350 000). Les accidents du travail étaient quant à eux responsables de 19 % des décès (360 000).

L’étude examine 19 facteurs de risque professionnels, notamment l’exposition à de longues heures de travail et l’exposition sur le lieu de travail à la pollution atmosphérique, aux asthmogènes, aux agents cancérogènes, aux facteurs de risque ergonomiques et au bruit. Le risque principal était l’exposition à de longues heures de travail (environ 750 000 décès). L’exposition à la pollution atmosphérique (particules, gaz et fumées) sur le lieu de travail a provoqué 450 000 décès.

A la verrerie, le graissage des moules à 800° dégage une vapeur d’hydrocarbure hautement cancérogène, des HAP, toutes les 20 minutes. L’amiante y est largement utilisée.

« Il est choquant de voir qu’autant de personnes sont littéralement tuées par leur travail, a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. Notre rapport est un signal d’alarme à l’intention des pays et des entreprises afin qu’ils améliorent et protègent la santé et la sécurité des travailleurs en honorant leurs engagements à fournir une couverture universelle des services de sécurité et de santé au travail. »

Les maladies et les traumatismes liés au travail mettent les systèmes de santé à rude épreuve, font reculer la productivité et peuvent avoir un impact catastrophique sur les revenus des ménages, souligne le rapport. À l’échelle mondiale, le nombre de décès liés au travail par habitant a diminué de 14 % entre 2000 et 2016. Selon le rapport, cette évolution peut s’expliquer par les améliorations apportées à la santé et à la sécurité sur le lieu de travail. Toutefois, les décès dus aux cardiopathies et aux accidents vasculaires cérébraux associés à l’exposition à de longues heures de travail ont augmenté respectivement de 41 et 19 %. Ces chiffres témoignent d’une tendance à la hausse de ce facteur de risque psychosocial relativement nouveau.

Ce premier rapport de suivi mondial conjoint OMS/OIT permettra aux décideurs de mesurer la détérioration de la santé liée au travail aux niveaux national, régional et mondial. « Ces estimations fournissent des informations importantes sur la charge de morbidité liée au travail, et ces informations peuvent contribuer à l’élaboration de politiques et de pratiques visant à créer des lieux de travail plus sains et plus sûrs, a précisé Guy Ryder, Directeur général de l’OIT. Les pouvoirs publics, les employeurs et les travailleurs peuvent tous prendre des mesures pour réduire l’exposition aux facteurs de risque sur le lieu de travail. La modification des schémas et des systèmes de travail permet également de réduire ou d’éliminer ces facteurs de risque. En dernier recours, les équipements de protection individuelle peuvent eux aussi contribuer à protéger les travailleurs dont le travail ne leur permet pas d’éviter l’exposition. »

Sources : https://eurogip.fr/; https://www.ilo.org/