L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), vient de confirmer l’effet des pesticides sur la santé. Des faits scientifiques qui appellent à des réponses politiques.

Jusqu’à la première expertise collective de l’lNSERM sur les pesticides, réalisée en 2013, nous n’avions pas de données centralisées en un seul et même ouvrage pour connaître l’impact des pesticides sur la santé des professionnels et de la population générale. C’était cependant une avancée significative qui avait contribué à l’inscription de deux pathologies aux tableaux des maladies professionnelles pour le régime agricole, à savoir la maladie de Parkinson (2012) et les hémopathies malignes (2015).

La réactualisation de 2021 vient confirmer et renforce ce que nous savions déjà sur l’impact des pesticides sur la santé des professionnels. En l’état des connaissances scientifiques actuelles, six pathologies ont été classées comme ayant une présomption forte avec l’exposition professionnelle aux pesticides : maladie de Parkinson, lymphomes non hodgkiniens, myélome multiple (déjà classées comme telles en 2013), troubles cognitifs, bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et bronchite chronique (nouvelles données 2021). La présomption forte entre pesticides, leucémies et tumeurs du système nerveux central est également confirmée pour les enfants exposés de manière prénatale (par exposition professionnelle de la mère).

Des éléments scientifiques qui confirment l’impact des pesticides sur la santé. Mais ces nouvelles données nécessitent des réponses politiques. Il serait vain de présenter en quelques lignes tout ce qu’apprend cette nouvelle expertise de l’lNSERM. Ce travail remarquable des scientifiques montre de nouveaux liens entre expositions aux pesticides (ou substances) et certaines pathologies, que ce soit pour les professionnels, les enfants exposés de manière prénatale, les riverains de champs traités ou la population générale. Cette expertise collective vient ainsi confirmer l’exposition de l’ensemble de la population française (métropole + Outre-Mer) aux pesticides. Ce constat doit amener les décideurs politiques à prendre des mesures réellement protectrices pour les travailleurs et la population.

Les nouvelles données montrant une présomption forte pour des maladies respiratoires et cognitives ne doivent pas rester inertes et devront faire l’objet d’une attention particulière au sein de la Commission Supérieure des Maladies Professionnelles en Agriculture (COSMAP) afin de travailler à de nouveaux tableaux de maladies professionnelles. Actuellement, un tableau concernant le cancer de la prostate est en cours de discussion au sein de la COSMAP et de la Commission des maladies professionnelles – régime général (CS4). Associations et syndicats doivent agir vite pour l’ensemble des victimes des pesticides qui attendent réparation depuis des années. ll serait intolérable de voir se reproduire la situation pour le cancer du rein en lien avec l’exposition au trichloréthylène où il a fallu attendre pas moins de 4 ans pour que le décret soit signé.

L’association nationale d’aide aux victimes des pesticides, appelle l’État à prendre ses responsabilités et s’engager dès maintenant à mettre en place le tableau du cancer de la prostate pour 2021.

Contacts : www.phyto-victimes.fr ; claire.bourasseau@phyto-victimes.fr et julien.guillard@phyto-victimes.fr.