Le système d’alerte relatif aux produits agroalimentaires de l’Union européenne (UE), Rapid Alert System for Food & Feed (RASFF), a fait la découverte d’un résidu de pesticide «iprodione» (à l’usage de fongicide) dépassant la limite autorisée dans des nouilles instantanées sud-coréennes, Shin Ramyun Red de Nongshim, d’après des professionnels du secteur le 29 juillet.

On apprend, avec surprise, que le produit en question, Shin Ramyun Red, est un produit exclusivement destiné à l’exportation : on peut empoisonner les autres mais pas sa population ! Cette découverte a été notifiée par l’Allemagne le 8 juillet dernier. Les pays de l’UE ont commencé à retirer ce produit des rayons des commerces. Le niveau de risque attribué à ce produit était «sérieux».

Les agents des bureaux de douane de Marseille Port et du Havre Port viennent d’empêcher l’importation de 20 tonnes d’arachides et 12,8 tonnes d’épices, dont la teneur en aflatoxines, contaminants présents dans certaines denrées alimentaires, dépassait les seuils autorisés et présentait un réel danger pour la santé des consommateurs.

Un territoire agricole fortement développé et dynamisé par la chimie.

Conformément à la réglementation européenne qui impose des taux de contrôle physique pour certaines combinaisons pays-produits-contaminants, les agents effectuent un prélèvement, transmis au service commun des laboratoires de Rennes pour la recherche d’aflatoxines. Les résultats d’analyses sont sans appel, les taux constatés en aflatoxine B1 et aflatoxines totales étant jusqu’à plus de 100 fois supérieurs aux seuils autorisés. En conséquence, le lot a immédiatement été détruit.

Deux constatations similaires avaient été réalisées par le même service début juillet portant sur des lots de 7,8 tonnes de figues séchées pour lesquelles les analyses avaient confirmé une non-conformité au regard de la teneur en aflatoxines B1 et totales.

Le 17 juin, c’est au pôle « Le Havre Sécurité Alimentaire » du bureau de douane du Havre Port, que les agents avaient intercepté un conteneur d’épices en provenance du Pakistan. Le chargement de 12,8 tonnes, destiné à un importateur de la région parisienne, avait également fait l’objet d’un contrôle application de la réglementation européenne fixant pour les épices des teneurs maximales de 5 microgrammes par kilogramme d’aflatoxine B1 et 10 microgrammes par kilogramme d’aflatoxines totales. Les résultats d’analyses réalisées par le même laboratoire spécialisé de Rennes, avaient déterminé que les mélanges d’épices étaient deux fois supérieurs aux seuils autorisés. Les marchandises sont en attente de destruction.

Voilà comment des pesticides dangereux, interdits ici mais fabriqués en Europe et exportés, peuvent revenir dans nos assiettes sans la vigilance des services de douane. La politique de réduction d’effectifs dans ces services mettent directement en cause la santé publique.

Où est l’éthique dans tout cela ? De l’Union Européenne dans ce jeu dangereux : produire des pesticides interdits sur son sol et en autoriser l’exportation. De la Corée du sud qui destine uniquement à l’exportation la production de produits alimentaires toxiques. Du gouvernement français qui réduit les effectifs des services chargés du contrôle des produits alimentaires distribués dans le commerce. Sans compter que l’industrie agrochimique française n’est pas toute blanche dans la production et la commercialisation de produits toxiques interdits sur notre sol.

Sources : https://fr.yna.co.kr/view/ (29/07/2022) ; www.douane.gouv.fr/ (27/07/2022)