L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande d’inscrire l’ensemble des travaux exposant aux fumées de soudage ou aux fumées métalliques de procédés connexes à la liste des substances, mélanges ou procédés cancérogènes du code du travail. En France, plus de 528 000 salariés sont potentiellement exposés aux fumées de soudage. Selon les dernières données disponibles, leur inhalation peut provoquer des cancers broncho-pulmonaires et du larynx. Suite à son expertise, l’Anses souhaite donc que l’on reconnaisse le caractère cancérogène des travaux exposant aux fumées de soudage.

Les soudeurs ne sont pas les seuls concernés. Nombreux sont les travailleurs qui peuvent être exposés à ces fumées tout au long de leur carrière sans que la soudure ne constitue leur activité principale, explique l’Anses. « La construction, l’installation et la réparation de machines et d’équipements, la réparation de véhicules ou encore la métallurgie sont autant de secteurs d’activité concernés », ajoute l’institution.

Déjà en 2018, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classait les fumées de soudage en tant que « cancérogène pour l’Homme » sur la base de preuves suffisantes pour les cancers du poumon et de preuve limitées pour le cancer du rein. « Des études postérieures permettent aujourd’hui de conclure à des preuves suffisantes pour le cancer du larynx et à des preuves limitées pour les cancers de la cavité buccale et naso-sinusiens », ajoutent les experts en santé publique.

Lorsqu’il n’est pas possible d’imputer un risque de cancer à un type de procédé de soudage en particulier, l’Agence recommande d’inscrire l’ensemble des travaux exposant aux fumées de soudage ou aux fumées métalliques de procédés connexes à la liste des substances, mélanges ou procédés cancérogènes du code du travail. Les verriers de Givors ne manquent pas d’être interpellés par cette recommandation de l’Anses. Particulièrement les services tels que la moulerie chargée de l’entretien des moules ; le département 12 assurant l’entretien des machines de production ; le 10 SF s’occupant de l’entretien des machines du choix, palettiseurs, convoyeurs, etc.

L’exposition professionnelle aux fumées est difficile à évaluer pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les travailleurs emploient souvent plusieurs techniques de soudage. Par ailleurs, selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), il existerait 140 procédés susceptibles d’émettre des fumées métalliques différents parmi lesquels le brasage fort, le gougeage, l’oxycoupage, la projection thermique ou encore le rechargement. L’INRS rappelle aussi que les procédés de soudure atteignent des températures très hautes, et que de fait, au moment du point de fusion, toutes les fumées émises s’avèrent potentiellement nocives pour les personnes susceptibles de les inhaler. Du fait de l’impossibilité d’attribuer un risque de cancer à un seul type de procédé de soudage, l’Anses recommande donc au gouvernement de lister l’ensemble des travaux exposant aux fumées de soudage, ou aux fumées métalliques sur la liste des substances, mélanges ou procédés cancérogènes au sens du Code du travail.

« Avec cette recommandation, en plus des travailleurs exposés aux fumées de soudage, nous proposons également d’inclure les travailleurs exposés aux fumées métalliques de procédés connexes dont la composition en agents cancérogènes s’avère similaire à celle des fumées de soudage. Cette recommandation permet également d’inclure les professionnels dont la soudure n’est pas l’activité principale ainsi que les travailleurs exposés de façon passive, de par leur présence à proximité de personnes effectuant des opérations de soudage », explique Dominique Brunet, cheffe de l’unité de l’évaluation des valeurs de référence et des risques des substances chimiques à l’Anses.

Sources : www.pourquoidocteur.fr/ (21/05/2022) ; https://www.infoprotection.fr/ (03/05/2022)