Avec sa pandémie, ses confinements, ses milliers de malades et de morts dans ce pays et dans le monde, 2019 fut une année fut particulière et combien ravageuse. Ravageuse aussi dans le domaine des libertés rognées à coups de lois liberticides, d’ordonnances présidentielles, d’arrêtés préfectoraux et matraquages policiers attentant gravement aux libertés citoyennes de réunion et manifestations. Mais les luttes continuent.

La cheminée de la verrerie de Givors fut étouffée le 15 janvier 2003 par la voracité du capital des fonds de pensions au sein desquels s’étaient coalisées une quinzaine de banques françaises et internationales pour en avoir raison, épaulant le groupe DANONE-BSN-VMC dans les basses œuvres contre l’emploi et l’industrie française. Trois cent dix-sept salariés s’étaient dressés contre l’injuste liquidation d’une entreprise dégageant une rentabilité supérieure à 15 %. Loin d’être un « canard boiteux » ! Une population affirmant sa solidarité en soutenant les propositions alternatives de modernisation de l’outil de production, élaborées par l’intersyndicale et approuvées par 15 566 voix au référendum d’initiative populaire. Mais, face au capital, le gouvernement socialiste de Jospin « ne pouvait pas tout », même pas défendre l’industrie française et ses emplois. Cependant, si la cheminée ne fume plus, elle continue de veiller, car le combat des anciens verriers n’est pas achevé.

A ce jour, les verriers de Givors comptent quatorze maladies d’origine professionnelle reconnues suite à des expositions à l’amiante, aux hydrocarbures et solvants, à l’arsenic, à la silice, au benzène et en polyexposition. Six condamnations pour « faute inexcusable » ont frappé d’entreprise qui n’a pas observé les mesure élémentaires de protection de la santé de ses salariés. Soixante dossiers sont pendants devant la Cour d’appel de Lyon qui se prononcera en février 2021. D’autres dossiers de reconnaissance en maladie professionnelle sont en cours d’instruction ou en instance devant d’autres juridictions. Le combat continue pour que la vérité éclate sur les risques professionnels, comme dans nombre d’autres entreprises où la santé des travailleurs est négligée, mise ne danger.

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front,
Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime,
Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime,
Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.

Victor HUGO, « Les Châtiments » Paris. 31 décembre l848. Minuit.

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