Le risque chimique recouvre l’ensemble des risques liés à la détention, la manipulation et l’emploi des produits chimiques dangereux, capables de provoquer des dommages aux personnes, aux installations et à l’environnement.

Des dommage plus ou moins graves peuvent survenir de façon soudaine ou durable : incendie, explosion, brûlure, intoxication aiguë, asphyxie, etc. avec de lourdes conséquences sur leur environnement humain ou matériel. Leurs effets peuvent se manifester longtemps après l’exposition par une altération de la santé : maladies de l’appareil respiratoire (asthme, rhinite), des maladies de la peau et des muqueuses (irritations, ulcérations, eczémas, etc.), des maladies du système nerveux (maux de tête, tremblement, troubles psychiques, etc.), des cancers et leucémies (voies aérodigestives, poumons, glandes, vessie, etc.)

Le produit chimique peut se présenter à l’état naturel ou produit par l’industrie (acide chlorhydrique, cyanure de sodium, trichloréthylène, plomb) ; en mélange (par exemple décapant composé d’acide nitrique et d’acide fluorhydrique, bain de nickelage composé de sulfamate de nickel, de chlorure de nickel et d’acide borique). L’évolution de la température à laquelle le produit chimique ou le mélange est soumis peuvent conduire au « point d’éclair », à l’auto-inflammation, à l’explosivité, etc. produisant des effets nocifs différenciés selon les parties exposées du corps humain.

Selon le mode d’exposition, le produit entre en contact avec l’organisme au niveau de la peau, des yeux, de la muqueuse respiratoire (nez, bouche), digestive (bouche, œsophage). En pratique, les trois modes d’exposition (inhalation, contact cutané, ingestion) sont souvent simultanés. Par exemple, un aérosol, une vapeur ou brouillard d’huile peuvent à la fois pénétrer par les voies respiratoires, se déposer sur la peau et dans la cavité buccale. Le passage dans le sang se fait par ces trois voies de pénétration. Il est bien entendu facilité dans le cas d’une blessure.

A Givors, l’association des anciens verriers se mobilise depuis douze ans sur les risques professionnels connus dans l’ancienne verrerie. Poste par poste, les adhérents ont établi la carte des risques et l’ont publiée. Cette recherche-action leur permit de construire les dossiers de reconnaissance des maladies professionnelles et conduire les procédures devant les Prud’hommes, le tribunal administratif, les tribunaux civils, cours d’Appel et de Cassation. Car, pour voir reconnue une maladie professionnelle, oui, il faut quelquefois monter jusqu’en cassation ! Jusqu’au bout le patronat conteste ses responsabilités. A six reprises, le repreneur de la verrerie de Givors a été condamné pour sa « faute inexcusable », son défaut d’information et de prévention. Et ce n’est pas fini.

Il faut être clair. On ne peut pas relever parmi les verriers de Givors un taux de cancers dix fois supérieur à celui du monde du travail – observé par l’enquête ESTEV effectuée sur 20 000 salariés par les médecins du travail – sans causes réelles et sérieuses. Dans cette entreprise à feu continu, travaillant jour et nuit, sept jours sur sept, étaient employés au moins cinquante-trois produits officiellement classés à risques pour la santé par l’INRS, la Sécurité sociale, le CIRC/IARC et l’Union Européenne. Les travailleurs de l’approvisionnement, de la fabrication, de la finition, de l’entretien, de la maintenance, de l’expédition, voire certains cadres et employés étaient exposés aux risques chimiques, à la chaleur, au stress, au bruit, aux trépidations.

Comment s’étonner que seize maladies professionnelles puissent y être reconnues suite aux expositions au benzène, à l’arsenic, à la silice, à l’amiante, aux huiles minérales, en polyexposition (amiante, hydrocarbure, solvant) ? Une procédure menée par soixante anciens verriers pour le préjudice d’anxiété viendra en audience devant la Cour d’appel de Lyon le 26 octobre 2023. Deux procédures en reconnaissance de maladie professionnelles restent en cours d’instruction.

Source : Traitement de surface INRS-ed827