Le plus grand plan de la prévention des risques technologiques (PPRT), celui de la vallée de la chimie s’étendant sur 2 216 hectares au sud de Lyon avait été recalé en 2019 par le tribunal administratif pour « vice de procédure au titre du droit européen ». Signé en 2016, son élaboration devait se plier à la jurisprudence européenne qui exige que l’autorité chargée de donner un avis au titre de l’évaluation environnementale dispose une autonomie réelle par rapport à l’autorité administrative qui prend la décision finale. Or c’était une chef de service de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) de Rhône-Alpes, placée sous l’autorité fonctionnelle du préfet de région qui en avait décidé, en toute démocratie !

Voilà que la nouvelle mouture vient de sortir. Le Progrès (13/10/2020) nous rappelle que le périmètre du plan particulier d’intervention de Kem One, basé à Saint-Fons s’étend ainsi sur dix kilomètres et concerne dix communes : Saint-Symphorien-d’Ozon, Solaize, Irigny, Vernaison, Feyzin, Saint-Fons, Vénissieux, Lyon 7e, Pierre-Bénite et Oullins. Après la saison des pluies, ce PPRT a-t-il subit le loi de la peau de chagrin ?

Au long de la vallée de la chimie les périmètres de risques industriels majeurs

Le premier roman où Balzac montre le conflit entre désir et longévité. La peau de chagrin magique représente la force vitale de son propriétaire et se racornit à chaque satisfaction de son désir, d’autant plus s’il vise à l’accroissement de puissance. C’est bien l’objectif central de l’industrie chimique, faire taire les oppositions au cours de la croissance de ses ambitions, envers et contre tous les risques pour la santé de ses travailleurs et populations environnantes.

Car enfin, la campagne de sensibilisation aux « risques industriels majeurs » diligentée par la préfecture, réalisée et accessible sur le site www.lesbonsreflexes.com n’est pas si lointaine pour avoir disparu des radars. Campagne qui nous annonçait que le PPI de Kem One impactant dix kilomètre concernait directement QUARANTE-QUATRE communes et non DIX ! Il concernait Brignais, Brindas, Bron, Caluire-et-Cuire, Chaponnay, Chaponost, Chassieu, Charly, Communay, Corbas, Craponne, Décines-Charpieu, Ecully, Feyzin, Francheville, Grigny, Irigny, Lyon, Marennes, Millery, Mions, Montagny, La Mulatière, Orliénas, Oullins, Pierre-Bénite, Soucieu-en-Jarrest, Saint-Fons, Sainte-Foy-lès-Lyon, Saint-Genis-Laval, Saint-Priest, Saint-Symphoriend’Ozon, Sérézin-du-Rhône, Simandres, Solaize, Taluyers, Tassin-la-Demi-Lune, Ternay, Toussieu, Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Vernaison, Villeurbanne, Vourles.

Le périmètre s’est singulièrement rétréci en quelques mois. Une réunion publique était prévue – le jour même de la publication de l’article – à la Maison du peuple de Pierre-Bénite… pour la concertation ! La comparaison des deux informations officielles (!) est convaincante de la volonté de transparence sur ce dossier hautement sensible pour des centaines de milliers d’habitants.

Les risques ne sont pas anodins : gaz toxique, gaz comburant, gaz sous pression, dangereux pour l’environnement, gaz liquéfié inflammable sous pression, toxicité spécifique, liquides dangereux pour l’environnement – incendie, explosion, fumées toxiques, pollution, nuage toxique. Et les lésions engendrées pas moins mineures : « brûlures aux 1er, 2e et 3e degré), irritation, intoxication, asphyxies, les conséquences dépendent de la toxicité de la substance, de la dose reçue et de la voie d’exposition (voie respiratoire ou cutanée) » note le document officiel. Mais il conviendrait de rajouter que tout cela peut engendrer des effets cumulatifs dont les conséquences restent inconnues ; l’effet « cocktail ». Il reste aussi que KEM ONE, Saint-Fons, compte un effectif moyen de 240 personnes, et ces salariés sont exposés quotidiennement aux effets nocifs de ces produits fabriqués et manipulés, engendrant des maladies d’origine professionnelle souvent non-reconnue.

Mais Kem One n’est pas seul risque industriel majeur de la vallée de la chimie. De l’agglomération lyonnaise à Roussillon et Salaise-sur-Sanne, sur moins de 60 km on n’en compte pas moins de vingt et un ! Avec des risques semblables ou complémentaires comme le risque nucléaire. VIGILANCE !

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