Produit chimique d’industrie, le PCB est à la fois très toxique et polluant. Il s’agit de la formule simplifiée du polychlorobiphényle, un dérivé chimique du chlore qui prend la forme d’un liquide très odorant et visqueux. S’il existe plus de 209 PCB différents, aucun d’entre eux n’est présent à l’état naturel. Ils sont obtenus par chloration du biphényle dans les industries. Le PCB est également appelé biphényle polychloré, arochlore ou plus généralement pyralène.

L’utilisation des PCB est interdite depuis 1987 en France mais toujours présent dans nombre de rivières françaises. Les pyralènes étaient jusqu’alors employés pour leurs propriétés isolantes, notamment dans l’industrie électrique (transformateurs, condensateurs, radiateurs, etc.). Leur stabilité chimique et leur grande résistance physique en ont fait à partir des années 1930 un composé très populaire pour la fabrication d’encre, d’adhésif, de papier et de peinture.

Le gouvernement souhaite éliminer les traces de PCB au plus tard d’ici 2025. Depuis la fin des années 1960, d’ambitieux dispositifs de contrôle ont été mis en place pour limiter nos expositions à des molécules de synthèse présentes dans nos cosmétiques, nos logements, notre alimentation, nos espaces de travail et nos corps. Presque cinquante ans plus tard, les rares « interdictions » de produits comme les PCB (polychlorobiphényles), les phtalates et les pesticides sont systématiquement assorties de dérogations qui permettent à leurs producteurs de continuer à commercialiser ces molécules présentées comme indispensables. Classés parmi les « polluants organiques persistants », les PCB se dégradent particulièrement mal dans la nature, où ils s’accumulent notamment dans les sédiments marins et d’eau douce. Le déversement accidentel des industries avant les années 80 ainsi que l’abandon sauvage d’appareils contenant du PCB ont pollué les eaux douces françaises à des niveaux difficiles à évaluer.

Aujourd’hui, les pêcheurs sont méfiants : « Pour les truites, les lâchés se font à partir de janvier dans tous les spots, sauf dans le Rhône en raison du PCB toujours présent », note Bernard Defossard, président de l’association agréée pour la pêche et le milieu aquatique (Le Progrès 07/08/2022).

Les poissons présents dans ces eaux ont ainsi de nombreuses chances d’être contaminés. D’après l’Ifremer et son réseau national d’observation de la qualité du milieu marin, des régions comme l’estuaire de la Seine présentent des concentrations de PCB de 17 à 22 fois plus importantes que dans le reste de l’Hexagone.

Avec des sédiments contaminés aux PCB par exemple sur l’Azergues et le Gier. Le Gier qui affiche toujours une qualité médiocre de ses eaux, selon l’Agence de l’eau. « Pour les PCB, selon l’Agence de l’eau, il n’y a plus de rejet ou presque. Ne subsiste que la pollution historique. » Le robinet est coupé, mais certaines substances ont des demi-vies (le moment à partir duquel elles commencent à se dégrader) de plusieurs milliers d’années (Le Progrès, 16/07/2022).

Il n’est donc pas étonnant de retrouver des traces de PCB dans la nourriture, l’alimentation étant à l’origine de 90 % de l’exposition humaine aux PCB. Il existe en France un seuil de teneur maximale en pyralène au-delà duquel l’aliment est considéré comme impropre à la consommation et doit être retiré de la vente. À forte quantité, le PCB, et son produit de combustion, la dioxine, sont toxiques pour l’homme. Hydrophobe et semi-volatile, le pyralène se fixe aisément sur les graisses, dans le lait, ou encore sur les tissus humains. Il faut compter entre cinq à onze ans pour les éliminer.

Les effets sur la santé sont nombreux, mais son impact sur la fécondation est une préoccupation majeure. Le PCB serait reprotoxique, c’est-à-dire qu’il troublerait la fertilité : sous l’effet d’une exposition régulière, l’embryon ne parviendrait pas à s’implanter dans le corps de la femme entraînant des échecs de grossesse. Le pyralène aurait également un rôle dans le développement de certains cancers.

Sources : www.geo.fr/ ; www.leprogres.fr/