Depuis la loi du 25 octobre 1919, une maladie peut être reconnue comme maladie professionnelle (MP) si elle figure sur l’un des tableaux annexés au code de la sécurité sociale. Ceux-ci fixent précisément la pathologie et la nature des symptômes, le délai de prise en charge, et les travaux susceptibles de provoquer la pathologie. Les codes du travail et de la Sécurité sociale encadrent les droits des salariés exposés aux risques et maladies professionnels.

Lorsque la maladie survient et que le salarié prend conscience de la possibilité qu’elle soit causée par le travail, des dispositifs censés ouvrir droit à reconnaissance existent. Les travaux de sociologie prouvent pourtant qu’ils sont souvent l’objet de non recours et aboutissent à des sous-déclarations des maladies professionnelles. Lorsque les salariés se saisissent de ces dispositifs, ils se heurtent à de très nombreuses difficultés, notamment pour obtenir des documents de leurs employeurs, bénéficier de suivis médicaux post-professionnels et se voir reconnaître le statut de victimes de maladies professionnelles.

Associations et syndicats (verriers, Berliet-RVI, Amisol, etc.) constituent un recours essentiel pour aider à la constitution des dossiers individuels et permettre le soutien d’avocats spécialisés, ceci afin de se voir reconnaître leurs droits. L’atelier pourra s’interroger à la fois sur les difficultés à mettre en place les mesures essentielles de prévention, mais aussi sur les moyens pour les mettre en place.

Manifestation à Paris le 7 octobre 2016, pour que cesse le scandale de l’amiante.

Les travaux de cet atelier seront animés Georges Arnaudeau, président de Allo Amiante et co-président de la Coordination des associations de défense de victimes de l’amiante et autres maladies professionnelles (Cavam) ; Laurent Gonon, coordinateur « Maladies professionnelles » à l’Association des anciens verriers de Givors ; Gwenola Le Naour, maîtresse de conférences en science politique à Sciences Po Lyon, laboratoire Triangle ; Emmanuel Martinais, géographe chargé de Recherches à l’ENTPE, Environnement, Ville, Société.

Nombre de victimes de maladies professionnelles – reconnues, ou non reconnues par la Sécurité sociale – ont manifesté l’intérêt pour cet atelier, souhaitant témoigner sur les difficultés rencontrées pour la constitution de dossiers de reconnaissance. Des familles feront part des contraintes familiales rencontrées durant ces « parcours du combattant » imposées par des démarches interminables, insupportables, inhumaines alors que la maladie se développe. Des responsables d’associations d’aide aux victimes pour rassembler pièces et témoignages nécessaires aux démarches administratives viendront faire part de leurs expériences en ce domaine, mettre à jour les obstacles administratifs et actions mises en œuvre pour les surmonter. Une avocate du cabinet Teissonnière apportera le point du vue du juriste sur les « passages obligés » pour gagner les reconnaissances attendues des pathologies par la Sécurité sociale, y compris devant les tribunaux où l’ancien employeur continue le « combat du pot de fer contre le pot de verre ». Seize ans après la fermeture de la verrerie. Une enseignante et chercheuse associée au Groupe de recherches d’anthropologie de la modernité à l’Université Paris 8 viendra souligner comment décloisonner le champ de la médecine en l’ouvrant largement aux « usagers » pour dépasser la dichotomie « savants/profanes », dans l’acte thérapeutique et dans la production des savoirs médicaux permet de débloquer des situations difficiles. Un historien, professeur à l’Université d’Evry-Val-d’Essonne participera aux débats autour de la récente notion de reconnaissance des risques psychosociaux et affections péri-articulaires provoquées par les gestes ou les postures de travail.

D’ores et déjà, pour suivre la préparation de ce colloque, connaître l’organisation des travaux, http://www.vive-fr.org/ s’inscrire pour participer à un atelier, venir témoigner, un site Internet dédié a été créé : https://givors.sciencesconf.org/

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