En 2022, chaque citoyen pourra avoir son Espace Santé numérique. Mieux que le Dossier médical partagé, il devrait contenir toutes les données de santé du patient et permettre une meilleure prise en charge. Le patient pourra même y rentrer ses données. De janvier à mars 2022, chaque personne affiliée à l’Assurance Maladie recevra un courrier ou un mail la prévenant d’activer son Espace Santé. On pourra toutefois s’y opposer, mais sans réponse de l’assuré, l’Espace Santé sera automatiquement créé. Bienvenue au monde du tout numérique… Trois départements en France sont actuellement en test sur cet Espace Santé : il s’agit de la Somme, la Haute Garonne, et la Loire Atlantique.

L’Espace Santé n’est ni plus ni moins qu’un dossier numérique de santé à destination des citoyens mais qui implique également les professionnels de santé. Sorte de coffret numérique, toutes vos données de santé y figureront : rendez vous médicaux, ordonnances, prises de sang, imageries médicales, vaccins et rappels, pathologies, suivi médical, comptes rendus d’hospitalisations et davantage si affinité ou décision autoritaire ! Car si vous ne refusez pas sa création, il sera automatiquement créé sans votre accord. C’est l’une des évolution par rapport au Dossier médical partagé.

« Le patient ne doit plus être passif et observant, il doit pouvoir échanger avec les différents professionnels de santé et ça, c’est nouveau avec l’Espace Santé, explique Gérard Raymond, Président de l’Union Nationale des Associations Agréees des Systèmes de santé. L’intérêt par exemple pour les patients chroniques qui auront une équipe avec eux et autour d’eux, c’est que chacun aura la même information sur le patient et donc, ils pourront alors développer des stratégies soit de prise en charge, soit d’accompagnement qui seront beaucoup plus efficaces que ce que l’on a aujourd’hui ».

« Tous les patients sont conscients que l’échange de données médicales entre professionnels, n’est pas top, que l’échange entre la ville et l’hôpital n’est pas top, que l’échange entre les médecins, les infirmiers et les kinés n’est pas au top et c’est ça qui doit être changé » observe le Docteur Claude Bronner, Président de l’Union régionale des professionnels de Santé.

Tous les professionnels sont là pour vous vendre la nouveauté. Mais personne n’évoque la fragilité du système face aux pirates informatiques à la chasse aux données personnelles pour vous vendre tout autre chose, y compris pirater votre propre identité… Pourtant les exemples récents ne manquent pas.

Pas plus lointains que celui des caisses d’allocations familiales au début octobre, ou celui de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris à la fin septembre. Sept mille dossiers du site de la CAF se sont retrouvés en accès libre en raison d’un incident informatique sur le site www.caf.fr. Mieux, si l’on peut dire, 1,4 million de patients des hôpitaux de Paris ont vu dérobées leurs données personnelles. Une plainte a été déposée auprès du procureur de la République, mais plus d’un million de dossiers médicaux sont dispersés à tout vent. Elles incluent l’identité, le numéro de Sécurité sociale et les coordonnées des personnes, l’identité et les coordonnées des professionnels de santé les prenant en charge, les caractéristiques et les résultats des tests réalisés… Des données qui valent de l’or.

Voilà un avant goût de ce qui se prépare à grande échelle, avec des systèmes informatiques de moins en moins sécurisés. Et que le pouvoir envisage demain de rendre consultable par le médecin du travail, facilitant le tri des personnels à embaucher par les entreprises.

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/ (30/09/2021)