Dans le cadre de la loi anti-gaspillage votée en février 2020, à partir du 1er janvier 2022 les industriels seront dans l’obligation de publier la liste des produits contenant des substances nocives pour le système hormonal.

Les perturbateurs endocriniens sont des molécules susceptibles d’agir sur le système hormonal. De quoi générer des conséquences inquiétantes sur la reproduction, la fertilité ou encore la croissance. De fait, la grossesse, l’enfance et l’adolescence sont des « fenêtres d’exposition » vulnérables selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Parmi les substances concernées, l’agence sanitaire pointe notamment du doigt le bisphénol A, le bisphénol B et le TNPP, une substance utilisée comme anti-oxydant et stabilisant dans les plastiques et caoutchoucs. Plusieurs dizaines d’autres substances feront l’objet d’évaluations par l’Anses, afin d’étendre le dispositif de sécurité.

Un territoire agricole fortement développé et dynamisé par la chimie.

la directive concernera les jouets, les pesticides, les dispositifs médicaux ainsi que les cosmétiques. Les médicaments restant exclus de cette obligation. Quant aux substances ciblées, elles représentent toutes celles « dont l’Anses qualifie les propriétés de perturbation endocrinienne avérées, présumées ou suspectées ».

Concrètement, ces données devront se traduire par la mise en ligne afin de les rendre accessibles au public et exploitables sur internet. Ce qui permettra « à des plateformes collaboratives d’exploiter ces informations et ainsi de mieux informer le consommateur », indique le texte officiel. Qui reste tout à fait gentillet pour des pratiques jusqu’alors opaques, aux conséquences considérables pour la santé publique. Gentillet, car cette obligation « a pour objectif de forcer les industriels à faire preuve d’honnêteté (sic!) à l’égard des consommateurs » Depuis des années, les associations de victimes des conséquences des perturbateurs endocriniens, conduisant à des mal-formations congénitales notamment, exigent non seulement une meilleure connaissance des produits toxiques, mais aussi leur interdiction. Nous n’en sommes pas encore là. Combien de victimes à enregistrer, encore, avant de parvenir à l’interdiction de ces produits toxiques dans les produits de consommation courante ?

Le problème reste encore entier concernant une multitude de produits qui continueront d’être intégrés dans la consommation sans faire l’objet de communication auprès du public, ni bien sûr d’interdiction, tout en poursuivant leurs dégâts sur la santé publique.

En 2018, le nombre de nouveaux cas de cancers toutes localisations cancéreuses confondues en France métropolitaine est estimé à 382 000 (204 600 chez l’homme et 177 400 chez la femme). Les taux d’incidence standardisés sur la structure d’âge de la population mondiale (TSM) sont de 330,2 cas pour 100 000 personnes‑années chez l’homme et de 274,0 chez la femme. Le nombre de décès par cancer est estimé à 157 400, dont 89 600 chez l’homme et 67 800 chez la femme, soit des taux de mortalité standardisés (TSM) respectivement de 123,8 et 72,2 pour 100 000 personnes‑années.

Le problème reste aussi entier concernant les utilisations de produits toxiques dans la production sans informations ni protection efficace des travailleurs. Même si parmi les salariés croît aussi le développement des cancers. On n’en est pas encore à contraindre des entreprises à mettre à jour les risques quotidiens en leur sein et les faire connaître aux travailleurs. Les réformes intervenues sous le règne Macron dans la protection des salariés, conduisant à la liquidation des CHSCT et la réduction des moyens d’intervention des représentants du personnel, ne vont pas dans ce sens. Bien au contraire.

Sources : https://www.infoprotection.fr/; Santé publique France, juillet 2019