Les députés vont décider de l’avenir des salariés, et de leurs droits d’accès à la retraite. « La pénibilité » s’installe régulièrement au sein des débats avec des arguments bien éloignés des réalités par ceux qui cherchent à en diminuer les effets. L’objectif avoué est que nous serions placés devant l’obligation d’allonger la durée du travail pour le maximum de salariés (certains décideurs dans leur recherche d’unité s’appliquent à réduire les particularités desquelles la pénibilité fait partie)

L’expérience des associations de défense des victimes du travail, leur permet d’affirmer que les conditions de travail sont, dans bien des cas, un facteur significatif de l’origine des maladies professionnelles.

Salariés exposés à la pénibilité : 2 920 000 éligibles, mais seulement 492 000 avec des droits… revus et corrigés par les ordonnances Macron de 2017

C’est dans ce contexte que l’analyse de la DARES Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, est un élément essentiel des débats en cours : la loi du 20 janvier 2014 avait instauré un Compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P), afin de promouvoir la prévention et la réduction des situations où des salariés sont exposés a des conditions de travail ayant des effets néfastes sur leur santé. Ce compte permettait au salarié exposé à des conditions de travail pénibles au-delà de certains seuils d’acquérir des points sur son C3P chaque année, selon son degré d’exposition.

Ces points pouvaient être utilisés pour financer : soit une formation permettant d’accéder à un emploi moins exposé à la pénibilité ; soit une réduction du temps de travail avec compensation de la perte de salaire ; soit une anticipation de l’âge de départ à la retraite allant jusqu’à 2 ans

Pour les 9 cas de travaux reconnus pénibles pris en considération, les seuils sont trompeurs, et souvent inadaptés. Pour exemple la notion d’exposition « faible » ou « forte » face à l’amiante nous le rappelle.

Mais, surtout, ce nouveau débat, sur la pénibilité pour le recul de l’âge de départ en retraite est tronqué par les 4 critères de pénibilité supprimés par les ordonnances de 2017 (manutentions manuelles de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques, agents chimiques dangereux). On constate d’ailleurs que ce sont les critères les plus importants en nombre de salariés éligibles !

Non seulement ces critères doivent être rétablis, mais un renforcement des contrôles dans les entreprises pour veiller à la déclaration effective des expositions à la pénibilité doit être effectif.

L’aménagement des carrières pénibles et de la fin de carrière des seniors (réduction du temps de travail en fin de carrière, interdiction d’exposition à la pénibilité au-delà d’un certain âge ou durée d’exposition) doit être promu.

En outre, les excédents financiers de la branche accident du travail, maladie professionnelle doivent financer des politiques de prévention des risques professionnels ambitieuses.

Sources : www.amiantemaladieprofessionnelle.com